Le Zimbabwe, une des meilleures performances boursières d’Afrique

Depuis le début de l’année, l’indice boursier de la place de Harare a pris 46 %. Le pays a fait du secteur financier une priorité pour relancer son économie.

Au Zimbabwe, l’indice boursier du pays, le ZSEIND a pris 46 % depuis le début de l’année. C’est l’une des meilleures performances boursières en Afrique : à titre de comparaison, les indices boursiers des plus grosses économies du continent – l’Afrique du Sud et le Nigeria – ont respectivement pris 10 % et 41 % en 2017.

 

En renforçant l’attractivité de son marché financier, le Zimbabwe pourrait sortir d’une économie encore trop rentière et d’une crise monétaire qui a sévi en 2016. Attirer les investisseurs étrangers est devenu une priorité pour la Banque centrale du Zimbabwe (RBZ). Le 2 août, elle a annoncé dans son rapport semestriel sur la politique monétaire du pays qu’elle prévoyait le lancement d’un « Portfolio Investment Fund » (fonds de placement de portefeuille) d’ici au 1er septembre. « Ce fonds permettra de faciliter le rapatriement des bénéfices sur les investissements étrangers effectués sur la Bourse du Zimbabwe », a déclaré le gouverneur de la RBZ, John Mangudya.

 

Président depuis trente ans

Mais le Zimbabwe demeure à la traîne de ses voisins en termes d’investissements directs à l’étranger (IDE). Les derniers rapports de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) ont mis en avant que les flux d’IDE entrants du pays ont chuté de 25 % entre 2015 et 2016 et de 40 % entre 2014 et 2016. Le Zimbabwe n’apparaît même pas dans la liste des huit pays africains prioritaires pour les investisseurs, selon le cabinet Roland Berger. La loi sur « l’indigénisation » des entreprises non zimbabwéennes, qui contraint les investisseurs étrangers à céder 51 % de leurs actions à des nationaux, est un frein au développement de banques au Zimbabwe. Par ailleurs, les tensions politiques liées à la contestation contre la présidence de Robert Mugabe, à la tête du pays depuis trente ans, rend frileux les investisseurs. Ces derniers craignent qu’une crise éclate entre les forces armées et l’opposition.

 

A. N. R.   – Les Echos –