William Elong : « Montrer que l’Afrique est capable de produire des drones »

#TECH24. « L’innovation va aujourd’hui du Sud vers le Nord », indique le jeune entrepreneur pour qui, « aujourd’hui, l’Afrique a plus à donner qu’à recevoir ».

C’est impressionnant. La surface de l’Afrique est égale à celle de l’Inde, la Chine, les États-Unis, la France et l’Espagne réunis. Or, certaines régions non desservies par les transports ferroviaires, routiers ou aériens, sont particulièrement adaptées au transport par drone… Ainsi, au Rwanda, une base de drones a été ouverte à 50 kilomètres de Kigali. Elle vise à permettre de distribuer des médicaments dans plus d’une vingtaine de cliniques située en zone rurale. Le Malawi réfléchit de son côté à établir un corridor pour aider l’Unicef à acheminer des tests sanguins et sauver ainsi la vie d’enfants. Enfin, le Zimbabwe a décidé de s’appuyer sur des engins volants pour limiter la contrebande d’animaux sauvages.

Créer la première usine de drones en Afrique
Pour autant, ce que l’on ne prévoyait pas, c’est que des entrepreneurs sur place allaient avoir envie de fabriquer leurs propres drones. C’est aussi la conviction de William Elong, un Camerounais de 23 ans qui, diplômé de l’École de la guerre économique à Paris et passé par Thales, s’est mis en tête, avec Drone Africa, de créer la première usine de drones sur le sol africain, comme on peut le voir dans cette édition de #TECH24, l’émission high-tech de France 24, présentée avec Marjorie Paillon et dont Le Point.fr est partenaire. Son calcul ? Le marché de drones civils est de 250 millions de dollars, alors il y a vraiment de la place. « En Afrique, nous sommes obligés de faire appel à des prestataires étrangers pour réaliser des cartes géographiques. Par ailleurs, cela a des conséquences sur le monde agricole », dit-il.

 

Mais pourquoi a-t-il décidé de produire sur place ?

« Avant tout pour montrer que c’est possible. Par ailleurs, ici les coûts de production sont extrêmement bas », explique l’entrepreneur qui ajoute : « L’innovation qui allait du Nord vers le Sud va aujourd’hui du Sud vers le Nord comme c’est le cas aujourd’hui dans plusieurs technologies, comme le mobile banking, par exemple, où l’Afrique est en avance sur le reste du monde. » « Aujourd’hui, l’Afrique a plus à donner qu’à recevoir », conclut-il.

 

GUILLAUME GRALLET – Le Point Afrique-

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