Voitures électriques : l’Afrique du Sud dévoile ses pistes d’industrialisation

L’Afrique sud est incontestablement le pays dans lequel les voitures électriques sont le plus en vue sur le continent. Plus de six ans après avoir créé la première voiture électrique et accueilli les ventes des plus grandes marques internationales, le gouvernement sud-africain veut poser les base d’un véritable secteur et développer une industrie dédiée. Il vient de mettre en place un organe chargé de l’accompagnement au cours de la phase transitoire.

Le ministère sud-africain du Commerce et de l’Industrie a officialisé le lundi 5 décembre l’Association de l’industrie de voiture électrique (Evia), l’organe désormais en charge du déploiement à plus grande échelle de la voiture électrique en Afrique du Sud. L’événement s’est tenu à Johannesburg, dans les locaux de l’Industrial Development Corporation (IDC), une institution de financement du développement national mis en place pour promouvoir la croissance économique et le développement industriel.

Triple objectif

L’Association est ainsi constituée de 5 entités publiques et privées : l’Institut de développement de l’énergie de l’Afrique du Sud (SANEDI) et Uyilo, un programme de l’Agence de l’innovation de la technologie (TIA), le constructeur sud-africain GridCars, ainsi qui les filiales sud-africaines des géants BMW et Nissan. Leur principale mission sera d’aider le gouvernement à développer la mobilité électrique des Sud-africains essentiellement faite de véhicules polluants. L’Objectif de Johannesburg est triple. Le pays veut non seulement bâtir une véritable industrie de voitures électriques, stimuler la confiance des investisseurs dans le secteur, mais aussi répondre aux engagements pris par le gouvernement pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques.

« Les membres de l’EVIA vont collectivement travailler à réduire la pollution, aider à atteindre les objectifs environnementaux mondiaux et pousser les automobilistes actuels et futurs à adopter des formes de transport plus durables. […] En nous alignant à la politique gouvernementale, nous allons aider à réduire l’incertitude des investisseurs dans un secteur qui a explosé au niveau international, mais a lentement démarré en Afrique du Sud », a déclaré Kevin Nassiep, directeur général de l’Institut de développement de l’énergie de l’Afrique du Sud.

Ainsi, des études seront menées afin d’identifier les lacunes de la réglementation sud-africaine en la matière et conseiller sur les mesures clés à prendre. Le travail de l’Evia consistera également en la sensibilisation des usagers afin de stimuler le changement de comportement et d’habitudes de consommation en matière de transport urbain.

En outre, un projet de déploiement d’infrastructures publiques adaptées en également en vue, avec notamment la multiplication des installations d’unités de charge rapide. A ce niveau également l’Evia interviendra.

2017, l’année des premiers pas

L’Afrique du Sud est incontestablement le plus en vue sur le continent dans le domaine des voitures électriques. Après avoir mis au point en 2008 la première voiture électrique africaine, baptisée « Joule » qui fait encore parler d’elle aujourd’hui. Très peu de chiffres existent sur l’évolution du marché depuis, mais les marques étrangères y trouvent également leur compte. Aujourd’hui, l’allemande BMW est le premier fournisseur de voiture électrique dans ce pays d’Afrique australe. De son côté, Uber propose depuis mai dernier UberGreen, un service pour les déplacements urbains en voiture électrique.

Et les constructeurs automobile se projettent déjà. En 2017, Nissan et BMW prévoient d’élargir leurs réseaux de stations de recharge pour voitures électriques à travers l’Afrique du Sud. La même année, le constructeur américain de voitures électriques sportives et de luxe, Tesla, envisage de renforcer son offre dans le pays. Alors que ses ventes y sont encore loin de peser, la firme s’attend à une évolution conséquente du marché local, grâce à la politique gouvernementale.

Par Ristel Tchounand    – La Tribune –