Tunisie: les patrons opposés à une contribution « exceptionnelle » en 2017

Les patrons tunisiens ont réitéré, mardi, leur rejet de l’instauration d’une contribution « exceptionnelle » au titre du projet de loi de finances 2017, qui suscite déjà la colère de larges catégories sociales à cause des mesures d’austérité et de l’augmentation des impôts.

Le projet de loi prévoit, en effet, une contribution exceptionnelle additionnelle de 7,5% sur les bénéfices des entreprises, avec un apport minimum de 5.000 dinars (2.000 euros environ).

Au terme d’une réunion de son état-major, l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA, patronat) a jugé « excessif » le taux proposé par le gouvernement, avec « une incidence sur la compétitivité des entreprises et sur l’effort national pour stimuler l’investissement ».

Les patrons ont, néanmoins, reconnu que le pays traverse « une phase critique » qui risque de s’installer dans la durée, faute de « solutions urgentes et courageuses ».

Le principal syndicat du pays, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), avait, lui aussi, rejeté les mesures touchant les fonctionnaires, notamment le report des augmentations de salaires convenues avec l’ancien gouvernement et le gel des recrutements.

Plusieurs corporations professionnelles, notamment les avocats et les médecins, sont montées au créneau pour contester les dispositions fiscales envisagées par le gouvernement, en vue de renflouer les caisses de l’Etat.

Dans ses prévisions pour l’année prochaine, le gouvernement tunisien mise sur une hausse de près de 16 % des recettes fiscales, qui pourraient servir à atténuer les effets d’un déficit budgétaire abyssal estimé à 6,5 %.

La Tunisie, confrontée sérieusement au tarissement des ressources, devra emprunter 6,1 milliards de dinars de l’étranger, sur la base d’un taux de change de 2,25 dinars tunisiens pour 1 dollar.

Les prochains emprunts, qui iront essentiellement à la consommation, porteront à 63 pc le ratio de la dette extérieure sur l’ensemble de la dette publique, qui va s’élever à 63,8 % du PIB, contre un peu plus de 40 % seulement en 2010.

Atlasinfo