La Tanzanie, ce pays qui ouvre les bras aux investisseurs

Pour conforter sa place de deuxième économie d’Afrique de l’Est, le pays veut accélérer son industrialisation en attirant les investisseurs.

Début janvier, en plein cœur du State House, le palais présidentiel de Dar es Salaam, la capitale économique de la Tanzanie, située sur la côte bordant l’océan Indien, sur l’embouchure du fleuve Msimbazi – le calme des vagues ne semble pas atteindre l’effervescence du gouvernement. Il veut aller vite en ce début d’année 2017 pour ne rien perdre des acquis de 2016. C’est dire que depuis dix ans, la Tanzanie connaît une croissance de près de 7 %, et s’attend à un peu plus de 7,5 % pour cette année. Tout juste après avoir frôlé la ligne rouge avec ses dépenses publiques estimées à plus de 30 milliards de dollars. Tranquillement, le pays poursuit son ascension.

Huit secteurs à forts potentiels identifiés

Le président John Magufuli a chargé son équipe de sélectionner huit secteurs qui pourraient attirer les investisseurs privés. Ce sont notamment le secteur de la fabrication, les infrastructures, l’agriculture, l’extraction minière, le tourisme, la pêche, la production d’électricité et les technologies de l’information et de la communication (TIC). L’objectif du pays est d’opérer son industrialisation afin de devenir une économie à revenu moyen semi-industrialisée d’ici 2025.

Selon Charles Mwijage, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement, cité par All Africa « ces secteurs sont dotés de ressources naturelles abondantes, mais le pays n’a pas pu les exploiter en raison de contraintes financières et technologiques. Nous cherchons à augmenter les investissements dans ces secteurs, car ils offrent de bonnes opportunités. » Pourtant, l’intérêt des investisseurs pour la Tanzanie continue de progresser, le pays étant perçu comme un marché à fort potentiel de croissance, susceptible d’offrir des opportunités de retour sur investissement très intéressantes. Alors qu’auparavant, le secteur des ressources naturelles était le plus ciblé, l’émergence de la classe moyenne offre aujourd’hui des opportunités beaucoup plus larges.

Parmi les secteurs d’activité les plus prisés des analystes et investisseurs, on trouve d’abord les services financiers, secteur ciblé par toutes les régions du monde. Mais l’accent est désormais plutôt mis sur les atouts de certains secteurs bien précis, c’est le cas de l’industrie hôtelière ou les infrastructures.

Un marketing économique ciblé

De son côté, la Tanzanie offre aux investisseurs une stabilité politique, une transparence des règles commerciales ou encore un meilleur climat des affaires. Par ailleurs, la Tanzanie est membre de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), ce qui veut dire que ses produits peuvent être vendus dans six pays, et son adhésion à la Communauté de développement de l’Afrique australe (CDAA) renforce encore davantage son marché de l’exportation. C’est l’une des destinations favorites pour les investissements étrangers en Afrique. En 2014, le pays était la troisième destination des IDE en Afrique en 2014, après le Kenya et l’Ouganda. Des IDE qui couvrent jusqu’à plus de la moitié du déficit de la balance des comptes courants et représentent environ 6,5 % du PIB du pays. Selon le classement Doing Business 2016 de la Banque mondiale, la Tanzanie a été classée 139e position sur 189 pays. Ces principaux investisseurs sont le Royaume-Uni, la Chine, l’Afrique du Sud, l’UE et le Canada.

Mais les freins à l’investissement persistent, notamment par rapport au bas niveau de développement industriel, le manque de transparence sur certaines législations comme sur l’environnement. Depuis son élection en octobre 2015, John Magufuli, 56 ans, a montré un talent certain pour attirer sur lui les projecteurs et renforcer son image d’homme proche du peuple, chantre de l’anticorruption et leader qui ne s’en laisse pas compter. Désormais, et surtout d’après les analystes, il pourrait être l’homme de la situation. Car les perspectives pour le pays sont très favorables pour les prochaines années.

PAR JOSÉPHINE JOHNSON  – le point-