Sommet africain de l’action : la COP22, un déclic pour une union africaine du climat

En marge de la COP 22 dont les travaux se poursuivent à Marrakech et à l’initiative du Maroc, s’est tenu ce mercredi, un Sommet africain de l’action. L’évènement qui consacre la dimension africaine de la COP 22 a réunit une vingtaine de chefs d’Etat et de gouvernement et enregistré la participation de 50 délégations de pays africains. L’enjeu principal est de donner au continent les moyens d’harmoniser leurs actions dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques et d’agir de manière collective en faveur du développement durable.

La dimension africaine de la COP 22 a été mise en exergue au 10e jour des travaux de la COP22 avec la tenue, en marge des travaux, du Sommet africain de l’action. L’événement, organisé à l’initiative du Maroc, a enregistré la participation d’une cinquantaine de délégations de pays africains avec au premier rang, une vingtaine de Chefs d’Etat et de gouvernement présents à Marrakech pour l’occasion. Il s’agit pour le Maroc, de permettre au continent d’harmoniser la lutte contre les changements climatiques, et l’action en faveur du développement durable selon les déclarations du Roi du Maroc à l’ouverture du sommet.

 

La tenue de cette rencontre de haut niveau confirme, en effet,  la volonté du royaume du Maroc de faire de la COP22 une conférence non seulement en Afrique mais aussi et surtout pour l’Afrique et pour Mohammed VI, « il importe que notre continent s’exprime d’une seule voix, qu’il exige justice climatique et mobilisation des moyens nécessaires, qu’il émette des propositions concertées, en matière de lutte contre les changements climatiques ». Le souverain marocain a en effet profité de l’occasion pour dresser un tableau sombre de la situation actuelle dans laquelle se trouve le continent, relevant que « les bouleversements climatiques à l’échelle mondiale entravent fortement, le développement de l’Afrique, et menacent gravement les droits élémentaires, de plusieurs dizaines de millions d’Africains »

 

« L’Afrique paie un lourd tribut dans l’équation «climat» et représente, sans aucun doute, le Continent le plus pénalisé. En effet, la hausse des températures, le dérèglement des saisons, les sécheresses à répétition appauvrissent la biodiversité de notre Continent, détruisent ses écosystèmes et hypothèquent son progrès, sa sécurité, sa stabilité. Pourtant, notre Continent n’émet que 4% des gaz à effet de serre ».

Justice climatique

« Notre Continent constitue donc un concentré de toutes les vulnérabilités » a relevé Mohammed VI tout en réitérant la détermination de son pays « à renforcer sa contribution, à la défense des intérêts vitaux du Continent, aux côtés de ses pays frères et, bientôt, au sein de l’Union Africaine ». Le chef de l’Etat marocain a également fait part à ses homologues, de la disposition du Maroc de mettre son savoir-faire à la disposition de ses partenaires du continent, en s’appuyant sur le déploiement en cours de son ambitieux programme de promotion des énergies renouvelables. Déjà, a fait remarquer Mohammed VI, le Maroc s’implique activement dans des projets dédiés à l’Afrique comme c’est le cas avec l’initiative pour « l’Adaptation de l’Agriculture Africaine » (Triple A).

 

Le chef d’Etat marocain a annoncé, lors du Sommet, que le Royaume animera un réseau africain d’expertise climatique, à partir d’un Centre de Compétences en Changements Climatiques qui sera installé au Maroc. Il sera également question pour le pays de contribuer à mobiliser les financements nécessaires à travers l’encouragement des investissements portés par les fonds souverain et aussi contribuer à inclure de nouveaux partenaires, publics et privés, et à structurer les mécanismes de gouvernance en matière de développement durable. « Je vous propose de dessiner une Afrique résiliente aux changements climatiques, une Afrique qui s’engage résolument sur la voie du développement durable » a soumis le roi du Maroc à l’endroit de ses homologues chefs d’Etats.

 

«Agir par nous-mêmes et pour nous-mêmes est un impératif. Associer nos partenaires stratégiques est désormais une nécessité» (…). Il importe que notre Continent s’exprime d’une seule voix, qu’il exige justice climatique et mobilisation des moyens nécessaires, qu’il émette des propositions concertées en matière de lutte contre les changements climatiques » Mohammed VI

L’Africa Action Summit a été une occasion pour les pays africains de mettre au point une vision commune pour défendre les revendications du Continent, notamment en ce qui concerne le financement et le transfert de technologie. « L’Afrique doit être en mesure de créer des accords bilatéraux dans le domaine de l’environnement pour pouvoir prétendre au meilleur développement, tout en préservant son écosystème unique au monde » a déclaré en ce sens le président gabonais Ali Bongo Ondimba. Plusieurs chefs d’Etats ont intervenus à la tribune de l’événement qui a également enregistré la participation des représentants du Conseil de coopération des pays du Golfe, de l’ONU, des Etats-Unis, de la France, de l’Union africaine (UA), de la Banque mondiale  et de la Banque africaine du développement (BAD).

 

Le sommet a été structuré autour de deux thématiques principales qui ont mis en exergue les enjeux du continent africain face aux changements climatiques ainsi que  ou les actions à mettre en œuvre pour une Afrique émergente et durable.  -Aboubacar Yacouba Barma –

 

COP22 : l’Afrique fait valoir ses arguments !

 

Les Chefs d’Etat africains se sont succédé au pupitre pour faire entendre la voix de l’Afrique lors du Sommet de haut niveau.

Les Chefs d’Etat africains se sont succédé au pupitre pour faire entendre la voix de l’Afrique lors du Sommet de haut niveau. (Crédits : DR)

Alors que les travaux de la COP22 qui se déroule à Marrakech entament leur dernière ligne droite, l’Afrique se retrouve au devant de l’actualité. En plus de la journée d’action pour l’Afrique, se tient à l’initiative du Maroc, un sommet des dirigeants africains sur le climat d’une vingtaine de chefs d’Etats du continent. Plus que jamais, l’Afrique entend faire entendre la voix et défendre ses intérêts dans la dynamique mondiale de lutte contre le réchauffement climatique.

Au 10e jour de la COP 22 qui se déroule du 7 au 18 novembre à Marrakech, c’est l’Afrique qui est mise à l’honneur. La journée est en effet consacrée au continent avec comme thème majeur, « l’Afrique en action ». Les dirigeants africains discuteront à cette occasion de la planification des actions et programmes visant à la mise en œuvre de l’Accord de Paris. L’accent sera particulièrement mis sur la mobilisation des financements et la promotion des énergies renouvelables comme l’a souligné, à l’ouverture des travaux, le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina. Il sera également question, au cours de cette journée africaine, d’échanger sur les perspectives qu’offrent la mise en œuvre de l’Accord de Paris pour atténuer les effets du changement climatique sur le continent notamment en matière d’adaptation climatique et de sécurité alimentaire.

 

En marge de l’événement, les dirigeants africains présents à la COP22, se réuniront dans la même journée au cours d’un sommet restreint sur le climat. L’événement se tiendra à l’initiative du Maroc afin de donner une « une nouvelle impulsion aux initiatives et projets structurants en matière de lutte contre les changements climatiques et de développement durable ».

 

Les deux événements vont indiscutablement illustrer cette « dimension africaine » de la COP22 que le pays hôte de la Conférence a voulu imprimer au rendez-vous mondial de Marrakech. « La crise climatique est l’ultime injustice qui frappe les plus vulnérables et les effets du changement climatique concernent autant, sinon plus, les pays en développement, surtout les Etats d’Afrique et d’Amérique Latine les moins avancés ainsi que les petits Etats insulaires », avait ainsi déclaré le Roi Mohammed VI du Maroc, qui ne cesse de plaider pour que  les engagements pris par les parties à la Convention de l’ONU sur le climat au plan international s’appuient sur des actions volontaristes à l’échelle mondiale et locale et notamment en faveur des pays du continent. A ce sujet, plusieurs initiatives sont déjà initiées par les pays du continent comme l’Initiative Triple A pour l’agriculture ou celle en faveur des énergies renouvelables.

 

 

Lors du Sommet de haut niveau des chefs d’Etat et de gouvernement de la COP22, qui s’est tenu hier mardi en présence d’une cinquantaine de leaders mondiaux, plusieurs présidents africains se sont relayés à la tribune pour mettre en exergue les actions menées par leur pays pour accompagner la concrétisation des objectifs contenus dans l’Accord de Paris. Ils ont également réitéré leur ferme intention de concrétiser les engagements auxquels ils ont souscrits au même titre que la communauté internationale en décembre 2015 à Paris tout en appelant les pays avancés ainsi que les institutions financières internationales et autres bailleurs de fonds, à en faire de même.

 

«  Marrakech est l’occasion d’amener les Etats à revoir à la hausse leurs ambitions afin de nous rapprocher de la trajectoire qui nous permettra de limiter d’ici la fin du siècle l’augmentation de la température à moins de 2 degrés Celsius, voire 1.5 degrés Celsius. Cela est impératif pour l’Afrique, cela constitue une question de survie pour le continent » a ainsi estimé le Président du Niger Mahamadou Issoufou. De son coté, son homologue ivoirien, Alassane Dramane Ouattara a plaidé pour plus de sursaut dans le cadre de l’engagement mondial en faveur du climat. « Nous devons donc collectivement aller plus loin dans nos efforts afin d’éviter à notre planète des phénomènes climatiques de plus en plus dévastateurs » a déclaré le chef d’Etat ivoirien qui n’a pas manqué de réitérer l’engagement de son pays à tenir ses engagements annoncés à Paris.

 

Le Président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré a appelé la communauté internationale à s’engager davantage pour répondre aux défis des changements climatiques et les pays industrialisés qui ont une responsabilité dans les émissions de gaz à effet de serre doivent assumer leur part selon le principe bien compris de la « responsabilité commune mais différenciée et des capacités respectives ».

 

L’Afrique a été fortement présente à la COP22 tant au niveau de la participation des pays que par les initiatives portées par les gouvernements mais aussi et surtout par les acteurs non étatiques. Un engouement sans précédent qui dénote la prise de conscience qui se généralise sur le continent par rapport aux différents enjeux stratégiques de la lutte contre le réchauffement climatique.

 

Si aujourd’hui le défi se pose en termes de problématiques, l’Afrique fait aussi parti de la solution. L’Afrique entend donc se mobiliser pour défendre ses intérêts et en la matière, le continent ne manque pas d’arguments à faire valoir. Le continent qui ne participe qu’à moins de 4% des gaz à effet de serre, est l’une des régions du monde qui est le plus affectée par les effets du changement climatique. Or, à l’heure actuelle, l’Afrique ne reçoit que 5% des fonds climats alors que des initiatives concrètes identifiées sur le continent s’avèrent comme des réponses adaptées aux effets induits par le réchauffement climatique.

 

De ce fait, la mobilisation collective du continent est un préalable pour pouvoir peser dans les négociations mais aussi défendre les projets innovants qui sont identifiés comme des solutions efficaces en matière de lutte contre le changement climatique. En la matière, l’Afrique se pose comme une partie des solutions aux répercussions négatives induites par le dérèglement climatique.

Par Aboubaca Yacouba Barma   – La Tribune –

 

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