Sénégal: tapis rouge pour Macky Sall à l’usine Alsthom

Le président sénégalais Macky Sall en visite officielle en France. Lundi 19 décembre, il était près de Strasbourg dans l’est de la France pour visiter l’usine du constructeur français Alsthom. C’est en effet ce groupe qui va concevoir et construire les trains de la future ligne express reliant le centre de Dakar à l’aéroport international Blaise Diagne -lui aussi en construction. Un projet estimé en tout à un milliard d’euros. La France via le Trésor et l’Agence française de développement a pris part au financement. Mais la France veut aussi relancer son industrie.

 

Pour l’occasion, un tapis rouge a été déroulé devant l’usine Alsthom de Reichshoffen dans le Bas-Rhin. C’est qu’Olivier Carnot, son directeur, accueille son dernier « client », Macky Sall, ou plutôt l’Etat du Sénégal. Après la SNCF et l’Algérie, le Sénégal a fourni à l’entreprise française le soin de fournir des trains pour son transport urbain et interurbain. « Le TER de Dakar compte quatre véhicules pour un total de 74 mètres de long, explique Olivier Carnot qui anime la visite du président sénégalais et sa délégation. C’est un train qui a une double motorisation, bi-mode, c’est à dire qui peut fonctionner en mode électrique ou diesel ».

De quoi redonner le sourire au directeur dont les carnets de commandes se remplissent après la traversée d’une période d’incertitude. Les 850 salariés qui s’affairent sur les rames peuvent souffler. Entre autres grâce au Sénégal, le carnet de commandes est plein jusqu’à fin 2019. Et c’est un fleuron de l’industrie française qui gagne encore en visibilité en Afrique. Présent à Reichshoffen, le secrétaire d’Etat français à l’Industrie Christophe Sirugue n’a pas ménagé ses efforts pour permettre au site d’avoir à nouveau de la visibilité. Une satisfaction pour l’homme politique.

« Bien entendu, il y a des marchés publics et il faut évidemment être les meilleurs, souligne M. Sirugue. Mais je pense qu’un lien de confiance s’est établi [avec le Sénégal] et c’est parce qu’il y a dans le ferroviaire français, un savoir-faire extraordinaire. Il y a aussi le fait qu’une grande partie de l’Afrique est francophone et que donc, nous avons des échanges facilités. Et il y a [enfin] la volonté de participer ensemble de façon tout à fait partenarial au développement des territoires et au développement de l’industrie », poursuit le secrétaire d’Etat à l’industrie.

Très applaudi par les salariés d’Alsthom, le président Macky Sall voit se concrétiser un de ses projets phare. Une promesse de campagne que cet amoureux des moteurs voulait voir réaliser pendant son mandat. « Ça me fait très plaisir pour le saut technologique que nous allons faire mais aussi [parce que] c’est le meilleur héritage qu’on puisse laisser aux générations futures, clame le président sénégalais (…) Et puis, avec le changement climatique, continue-t-il, le chemin de fer reste la voie privilégiée pour faire moins de pollution et c’est aussi un transport de masse qui va s’adapter. »

D’un montant total estimé à un milliard d’euros, le projet du TER de Dakar a vu la participation financière de nombreux partenaires dont le Trésor français et l’Agence française de développement, mais aussi la Banque africaine de développement et la Banque islamique de développement.

Alsthom n’est pas le seul groupe français associé au grand projet ferroviaire sénégalais. Thales, Engie Eiffage vont également prendre part à la mise en service d’ici 2019.

Par Aabla Jounaïdi     –  Rfi  –