Sénégal : S&P juge la perspective stable

L’agence de notation Standard & Poor’s donne une note de « B+/B » à la dette souveraine du pays de la Téranga, à court et long terme, en devise locale et étrangère.

Les autorités sénégalaises peuvent bien avoir le sourire aux lèvres au détour de l’appréciation que vient de décerner le cabinet de notation S&P à la situation qui prévaut sur le plan économique. C’est que le Plan Sénégal émergent, au-delà de donner un cap, a éclairci l’horizon en rassurant autant sur les réalités du jour que sur les prévisions. En effet, pour l’agence de notation américaine, le pays de la Téranga peut compter sur des institutions relativement efficaces et surtout prévisibles.  Et de marquer sa confiance en considérant que « le programme du gouvernement, qui s’étale sur 20 ans − et dont 2015 était la première année d’application complète −, soutiendra la croissance économique par l’amélioration de l’approvisionnement électrique, le renforcement du secteur agricole et des transports ». Pas de doute, les chantiers mis en œuvre en matière énergétique, les initiatives en direction du monde rural et la double perspective de la construction du Train Express Régional, dont la première phase devrait s’achever en janvier 2019, et de la livraison de l’aéroport international Blaise-Diagne (AIBD) à N’diass sont passés par là.

Des signaux positifs encourageants et des indicateurs contrastés

Standard & Poor’s estime la perspective de croissance du PIB du Sénégal supérieure à 6,5 %, et ce, jusqu’en 2019. Un sacré redressement quand on sait que, de 2010 à 2014, elle était en dessous de 5 %.

Revenu par habitant

Cela dit, le pays doit encore gérer une faiblesse, le revenu par habitant par exemple « à seulement 1 000 dollars en 2016 », selon les estimations de S&P. Il en est de même de « l’endettement extérieur significatif » à jauger à l’aune de la dette publique nette globale qui va atteindre 53 % du PIB d’ici 2019 du fait du financement du déficit public par le biais d’emprunts en devises et en monnaie locale. Précision : le déficit courant devrait avoisiner 7 % du PIB sur la période 2015-2019, contre près de 10 % en 2011-2014.

Déficit et inflation

Sur le front du déficit, le Sénégal devrait être à 4,2 % de son PIB en 2016, contre 4,8 % en 2015 et 5,8 % en moyenne en 2011-2014. Une belle avancée, mais à un niveau en deçà de l’objectif plutôt ambitieux de 3 % avant l’échéance limite de 2019, 3 % étant le niveau à partir duquel le critère de convergence de l’UEMOA est respecté.

Autre point : l’appartenance du Sénégal à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) composée du Bénin, du Burkina Faso, de la Guinée-Bissau, de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo. Selon S&P, cette appartenance à la zone franc limite la flexibilité monétaire du pays même si elle permet « de contenir l’inflation ».

Exportations

Selon S&P, les exportations devraient croître, dopées par les investissements considérables réalisés dans les infrastructures (développement de la logistique routière, ferroviaire, aérienne et maritime) et dans l’approvisionnement en électricité. Les secteurs concernés : ceux de l’or, des phosphates, du ciment et des produits agricoles et halieutiques. Cela dans un contexte d’amélioration des capacités de production du pays et de baisse des cours du pétrole.

Autant de réalités dont le Sénégal entend tirer avantage, lui qui est rentré dans une dynamique de révolution économique dans laquelle le président Macky Sall entend modifier tous les paradigmes.

Par Malick Diawara -| Le Point Afrique –