Sénégal : passe d’armes franco-marocaine autour d’un appel d’offre

Le torchon brûle entre le français Gemalto et le marocain M2M sur un marché public sénégalais portant sur un chiffre d’affaires prévisionnel de 59 millions d’euros.

Un marché lancé en 2015 par le Ministère sénégalais des Infrastructures et des Transports terrestres portant sur la production et la pose de plaques d’immatriculation sécurisées a dégénéré en guerre de tranchées entre 2 soumissionnaires : le Français Gemalto et le Marocain M2M.

Ce qui devait être un simple appel d’offres pour la production et la pose de plaques d’immatriculation sécurisées, s’est transformé en un chassé-croisé juridique. Lancé en décembre 2015, ce marché de 59 millions d’euros porte sur la production de 3,5 millions de titres de transports (plaques d’immatriculation, cartes grises et permis). Une vingtaine de sociétés avaient soumis leurs offres, 18 ont été écartées lors de la procédure.

Selon le quotidien marocain L’Economiste, les autorités sénégalaises ont retenus dans un premier temps, Gemalto et l’opérateur marocain M2M, avant d’attribuer le marché à la multinationale française.

Un marché attribué sans échantillon

Une décision qui sera contestée par le groupe marocain. En effet, pour M2M, la passation du marché présentait une anomalie qui aurait été également relevée par d’autres candidats évincés. En effet, selon L’Economiste, le dossier d’appel d’offres prévoyait l’obligation aux soumissionnaires de formuler le montant de leur offre, de fournir une caution de de 337 millions de F CFA, d’identifier leur banque ou encore de fournir un échantillon de plaques d’immatriculation et un spécimen de cartes et de permis. Or, Gemalto serait le seul candidat à ne pas avoir fourni un échantillon de plaque d’immatriculation.

Une anomalie qui a poussé l’opérateur marocain à déposer un recours auprès de l’Autorité de régulation des marchés publics. Cette dernière a ordonné par la suite, l’annulation du marché et «la réévaluation des offres sur des critères équitables». A l’heure où nous mettions en ligne, le Ministère sénégalais des Infrastructures et des Transports terrestres n’a toujours pas communiqué sa position officielle.

Par Amine Ater   – La Tribune Afrique  –

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