Sénégal : des amis de Lamine Diack se cotisent pour payer sa caution

Un « collectif d’amis » de l’ancien président de la Fédération internationale d’athlétisme a versé lundi la caution de 500 000 euros exigée par la justice française à Lamine Diack dans le cadre d’une affaire de corruption passive et blanchiment aggravé.

 

C’est un coup de main qui tombe à pic pour Lamine Diack. L’ancien président de l’IAAF, mis en cause dans une affaire de corruption passive et blanchiment aggravé par la justice française après la découverte de nombreux cas de dopage au sein de l’athlétisme russe, a bénéficié de la générosité d’un « collectif d’amis », comme l’a expliqué sa famille dans un communiqué lundi. Ce cercle proche s’est en effet cotisé pour réunir les 500 000 euros exigés par la justice française pour la caution de l’octogénaire sénégalais.

 

Des « amis de longue date » très généreux

 

« Un collectif d’amis de longue date du président Lamine Diack s’est réuni pour apporter un soutien à ce digne fils du Sénégal dans la rude épreuve qu’il traverse présentement. Ils ont conjointement versé la somme réclamée par le parquet national financier français comme caution, soit 500 000 euros », selon le communiqué diffusé par sa famille.

 

Le texte n’identifie nommément aucun de ces « amis de longue date », mais affirme que le collectif comprend « des anciens internationaux sportifs, des diplomates, des hauts fonctionnaires retraités du service des impôts et domaines, des chefs religieux, des membres de la société civile, des chefs d’entreprise, des sportifs du Sénégal et d’Afrique ».

 

« Après douze mois d’enquête exhaustive des juges d’instruction français, aucune somme n’a été trouvée dans les avoirs de Lamine Diack, ni à Dakar, ni à Paris, encore moins à Monaco », déclare la famille, dénonçant un « harcèlement ». Le versement de cette caution doit lui permettre d’éviter tout risque de détention provisoire.

 

Le fils Diack également poursuivi

 

Outre Lamine Diack, un de ses fils, Papa Massata Diack, qui fut consultant marketing de la Fédération jusqu’en 2014, est poursuivi dans la même affaire, soupçonné d’être l’un des acteurs du système de corruption mis en place pour couvrir les cas de dopage.

 

Il a été placé par Interpol sur sa liste des personnes les plus recherchées après un mandat d’arrêt émis par la France, en lien avec les poursuites visant son père. Il réside au Sénégal. Papa Massata Diack et son entourage n’ont pas donné suite à ces demandes et s’expriment peu dans la presse.

 

Dans une rare interview accordée à la radio privée RFM le 22 décembre 2015, Papa Massata Diack s’était dit prêt à répondre à la justice, mais au Sénégal. « Je suis citoyen sénégalais, mais pas citoyen français », avait-il dit. En janvier, le Sénégal avait exclu de l’extrader vers la France.

Par Jeune Afrique avec AFP

Athlétisme – Sénégal : le Qatar a versé 2,5 millions de dollars au fils de Lamine Diack

Le fonds d’investissement qatari QSI a versé près de 3,5 millions de dollars (2,5 ME de l’époque) à une société de marketing sportif dirigée par le fils de l’ex-président de l’IAAF Lamine Diack pour obtenir les Mondiaux d’athlétisme 2017, finalement organisés par Londres, selon le quotidien le Monde.

Le journal a eu accès à deux virements, d’un montant total de 3 499 950 dollars, parmi des données rassemblées par le fisc américain.

 

Ces sommes ont été virées par Oryx Qatar Sports Investments (QSI) vers la société Pamodzi Sports Consulting dirigée par Papa Massata Diack, les 13 octobre et 7 novembre 2011.

 

Quelques semaines plus tôt, le 5 septembre, Doha avait annoncé sa candidature pour les Mondiaux 2017. Quatre jours après le second virement, Londres, entré dans la course après la capitale qatarie, avait obtenu l’organisation de la compétition.

 

En 2013, le Qatar avait obtenu l’organisation des Mondiaux-2019 devant Eugene (Etats-Unis/Orégon) et Barcelone en promettant notamment de verser 37 millions de dollars (32 millions d’euros) en sponsoring et droits télévisuels.

 

Consultant de l’IAAF jusqu’en 2014, Papa Massata Diack est soupçonné d’être l’un des acteurs du système de corruption mis en place au sommet de l’IAAF pour couvrir des cas de dopage dans l’athlétisme russe en échange d’argent.

 

Il réside actuellement au Sénégal et fait l’objet d’un mandat d’arrêt international lancé par la justice française, qui enquête sur ce dossier. Son père, Lamine Diack, président de l’IAAF de 1999 à 2015, est mis en examen depuis novembre 2015 pour corruption et blanchiment aggravé dans la même affaire.

 

« Contactés par Le Monde, Papa Massata Diack et QSI n’ont pas répondu », a précisé le journal.

 

Par AFP