Salaires en afrique : quel seuil minimal ?

Adopté par de nombreux pays d’Afrique francophone depuis longtemps, la mise en place d’un salaire mensuel minimum est encore en débat en Afrique du Sud. En effet, pour tenter de résorber la pauvreté, le gouvernement sud-africain souhaite mettre en place une rémunération minimum de base qui serait fixée à 244 dollars par mois (3 500 rands). Mais cette proposition est très loin de satisfaire tout le monde. Et pour cause! À peine le rapport la concernant était présenté au public qu’il soulevait une grande polémique.
Tandis que la confédération syndicale Cosatu (1,9 million de membres) qui a participé aux discussions considère qu’il s’agit d’un progrès, le syndicat de la métallurgie Numsa (330 000 membres) rejette complètement cette proposition jugée insultante pour les travailleurs car selon lui, il vise uniquement à apaiser les marchés sans se soucier réellement de réduire les inégalités structurelles héritées de l’apartheid. Les syndicats avaient suggéré que le salaire minimum soit fixé au moins à 320 dollars mensuels (4 500 rands). Du côté du secteur privé, on s’inquiète au contraire d’un salaire minimum trop élevé, potentiellement destructeur d’emplois et qui risque d’accélérer la mécanisation du travail.

Cette mesure doit être discutée dans les prochains mois, avant une adoption par le Parlement d’ici juillet 2017.

Rappelons que plus de 41% des actifs du pays gagnent un salaire mensuel inférieur à cette somme par mois, selon les données collectées par la commission d’études. Et un peu plus de la moitié de la population sud-africaine (près de 30 millions), vivraient sous le seuil de pauvreté tandis que le chômage touche plus de 27% de la population active.

Quoi qu’il en soit, cette question de salaire minimum constitue un point récurrent de discussion entre les partenaires sociaux dans différents pays, notamment en Afrique francophone qui s’inspire fortement du système français dans sa politique liée aux fonctionnaires et aux retraités.

Selon une étude comparative effectuée par le site économique mays-mouissi.com, dans le Top 3 des pays africains francophones proposant les salaires minimums les plus élevés, on trouve le Maroc en haut de la liste avec 137 095 FCFA, soit 222 $. Viennent ensuite la Guinée Équatoriale avec 128 000 FCFA (207$) et l’Algérie avec 112 000 FCFA (182$). Ils sont suivis par la Tunisie avec 101 500 FCFA (164$), du Congo (90 000 FCFA, soit 146$), du Gabon (80 000 FCFA, soit129$), de la Côte d’Ivoire et du Tchad (60 000 FCFA, soit 97$).

Globalement, le salaire minimum moyen des 18 pays d’Afrique francophone s’élève à 62 358 FCFA (101$). Certains pays comme la Guinée Conakry ne disposent d’un salaire minimum que depuis 2013. Le Mali (31 047 FCFA, soit 50$), le Niger (30 047 FCFA, soit 48,78$) et la Mauritanie (30 000 FCFA, soit 48,71$) sont les trois pays d’Afrique francophone qui donnent les plus petits salaires minimums.

Ainsi, même si l’existence du salaire minimum est relativement bien répandue sur le continent, les écarts entre pays sont conséquentes. Et, du fait de fortes disparités régionales, cette rémunération de base est rarement en adéquation avec le coût de la vie. Ce qui a pour conséquence, la prépondérance des emplois informels, non déclarés et pour lesquels des rémunérations en dessous du minimum légal sont régulièrement versées.

 

Vitraulle Mboungou  -« Salaires : Un seuil minimal qui fait encore débat en Afrique ? »-  – Afrique Expansion –

 

www.afriact.net

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