Rwanda, futur temple de l’excellence scientifique

L’African Institute for Mathematical Sciences pose ses valises au Rwanda, un pays déjà en pointe dans la fabrique des futurs leaders économiques.

Modèle. Le premier et le plus grand réseau africain de centres d’excellence, l’African Institute for Mathematical Sciences (AIMS), a annoncé ce 4 mars le lancement d’AIMS au Rwanda, en partenariat avec le gouvernement du Rwanda. Objectif : bâtir un écosystème panafricain qui utilisera l’innovation, l’apprentissage et les recherches scientifiques pour trouver des solutions aux défis que doit relever le continent. « Nous reconnaissons tous que le modèle éducatif d’AIMS est un outil important pour assurer le développement et les progrès sur notre continent », a expliqué le président Paul Kagame.

Ambitions
Fondé en 2003 par le cosmétologue et professeur Neil Turok (actuel ­directeur de l’Institut Périmètre, centre de ­recherche privé en physique théorique à Waterloo, Canada), le premier centre d’excellence AIMS a ouvert ses portes au Cap, en Afrique du Sud. Le réseau privilégie l’éducation selon les standards internationaux. Sa mission première est de permettre aux étudiants les plus doués d’Afrique de s’épanouir au titre d’intellectuels indépendants, de solutionneurs et d’innovateurs capables de propulser la future autosuffisance scientifique, éducative et économique de l’Afrique. L’institut a depuis ouvert six centres d’excellence éducatifs à travers le continent, dont le dernier se trouve à Kigali, la capitale du Rwanda. « Nous sommes ravis d’avoir établi un partenariat avec le gouvernement du Rwanda pour continuer de nourrir les esprits scientifiques les plus talentueux d’Afrique en matière de sciences mathématiques, afin de leur permettre de contribuer au continent en élaborant des solutions tangibles aux problèmes de l’Afrique, et en encourageant une collaboration qui inversera la fuite des cerveaux de nos intellectuels, solutionneurs et innovateurs », a affirmé Thierry Zomahoun, PDG d’AIMS.

Berceau du nouvel Einstein
Le lancement d’AIMS Rwanda doit surtout optimiser les opportunités offertes par les sciences mathématiques pour mieux contribuer aux économies africaines. Dans ce cadre, le Next Einstein Forum (NEF), la deuxième édition du forum scientifique global du territoire africain, se tiendra à Kigali en 2018. Cette plateforme a révélé de nombreux projets récompensés dans le monde entier comme les drones civils pour livrer des médicaments et transporter des échantillons biologiques proposés par Moses Bangura, un Sierra-Léonais, pour son doctorat en robotique aérienne.

En Afrique, le choix d’étudier les mathématiques est souvent mal considéré. Les départements de mathématiques des universités sont souvent vétustes sur les campus et, pour de nombreux étudiants, ce n’est qu’une matière de second choix. Pour rattraper ce retard, ce qui est l’un des objectifs prioritaires du NEF, les chercheurs estiment que les pays bénéficiant d’une relative croissance, comme le Nigeria, l’Éthiopie ou le Rwanda – qui accueillera la prochaine édition en 2018 -, doivent investir dans les universités. Pour cela, ils ont identifié des domaines prioritaires comme les grands volumes de données (les big data), l’intelligence artificielle, en passant par les villes intelligentes.

Avec un taux d’inscription dans l’enseignement supérieur parmi les plus faibles au monde, l’Afrique subsaharienne dispose d’un réservoir de scientifiques et de professionnels de la technologie sans commune mesure avec ses besoins, alors que ce secteur y bénéficie de moins de 1 % du produit intérieur brut (PIB) des États (contre 1 à 3,5 % en Europe occidentale et en Amérique du Nord).

 

Le Point Afrique

Une pensée sur “Rwanda, futur temple de l’excellence scientifique

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *