RDC: Le gouvernement congolais nie l’accord de la Saint-Sylvestre

Le Premier ministre Tshibala apparaît déjà bien encadré par les pontes du régime Kabila.
L’accord de la Saint-Sylvestre, négocié sous l’égide des évêques congolais, entre la majorité présidentielle et une large partie de l’opposition congolaise, devait être la pierre angulaire de ce nouveau gouvernement dont la mission essentielle est d’amener le pays à des élections apaisées et crédibles d’ici la fin de l’année. On savait depuis le 7 avril dernier et l’annonce de la désignation de Bruno Tshibala comme Premier ministre, que l’accord avait été largement foulé aux pieds par le pouvoir en place.

 

 

Bruno Tshibala, comme Joseph Olenghankoy ou Raphaël Katebe Katoto étaient, jusqu’au début du mois d’avril, des cadres du Rassemblement de l’opposition. Des cadres qui ont quitté le navire de l’opposition quand ils ont compris qu’ils ne pourraient jamais espérer jouer les tout premiers rôles dans cette écurie.

 

 

Bruno Tshibala aura finalement mis plus d’un mois pour former son gouvernement. Une équipe déjà très critiquée avant sa naissance par la communauté internationale (Onu et Union européenne en tête) qui veut toujours croire dans la réussite de l’accord initial de la Saint-Sylvestre et qui appelle la majorité présidentielle et l’opposition, rangée derrière le tandem Félix Tshisekedi – Moïse Katumbi, à reprendre le chemin des négociations.

 

 

Mais le pouvoir congolais a décidé de faire le gros dos et tente de passer en force. Et comme pour démontrer qu’il se moque éperdument de cet accord de la Saint-Sylvestre, il a présenté une équipe de 59 membres, alors que le texte concocté sous le regard des évêques prévoyait un gouvernement de 54 membres. Tshibala apparaît déjà comme un chef de gouvernement placé sous la tutelle des caciques du régime que sont Thambwe, Okitundu ou Mende. Vital Kamerhe, un des premiers opposants à avoir rejoint la majorité, ne conserve qu’un ministre.

 

 

H. LE.           – La Libre Afrique  –