Pétrole: Quel impact sur le rallye de fin d’année?

Les marchés sont au beau fixe. Ils semblent insensibles au Brexit, à l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis et encore moins à l’immense incertitude du référendum en Italie ou à la possible élection du premier président d’extrême droite depuis 1945 en Autriche. A cela vient s’ajouter l’accord l’OPEP pour la réduction de la production…

Avant la réunion de l’OPEP, les analystes étaient sceptiques. Maintenant qu’un accord autour d’une réduction de la production a été trouvé, les cours du pétrole ont bondi de quasi +10%. D’aucuns avancent que le Brent devrait flirter avec les 54 $ le baril. Nous constatons que l’indice sectoriel des pétrolières a progressé de +3, 39% en Europe et de +4,42% aux USA. Pour Joël Rochat, CEO de Greeenstar du groupe Wealth Management, il est intéressant de noter que la hausse du baril aura un impact sur la consommation, via la hausse des prix à la pompe et de tous les produits dérivés du pétrole. De plus, la hausse des cours ne fera qu’accélérer le retour de la production des gisements de pétrole de schiste américain… Pour rappel, les USA ne font pas partie de l’accord alors qu’ils sont les plus grands producteurs de pétrole au monde. Aussi, pour les observateurs, un tel accord souligne la difficulté des finances publiques des pays du Golfe…

 

 

Retour de l’inflation

Par ailleurs, les pays émergents ont profité de l’accord de l’OPEP, surtout les pays exportateurs, tels que la Russie et le Brésil. Concernant ce dernier, la hausse de l’indice Ibovespa est encore une démonstration de la déconnexion entre les marchés financiers et la réalité. L’indice a progressé de + 42,8%, depuis les déboires judiciaires de Dilma Rousseff. Mais Temer, son successeur, n’est pas dans une meilleure position et surtout la publication du PIB Q3 hier est une démonstration de l’échec de l’effet Temer… Le PIB s’est contracté de -0,8%, marquant le 7ème trimestre consécutif de baisse, selon le Brazilian Institute of Geography & Statistics.

Ce spécialiste de la gestion de fortune assure : «Nous ne reviendrons pas sur les questions d’implémentation de cet accord, car ce sera une histoire pour la fin du Q1 2017. Il est intéressant de noter que les indices américains ont fini en territoire négatif, sauf pour le Dow Jones». Il a ajouté que le mois de novembre fut exceptionnel pour les indices américains et cette légère baisse ne veut rien dire à court terme et qu’il va falloir surveiller les marchés dans les jours à venir dans l’attente du chiffre de l’emploi aux USA et des résultats du référendum en Italie…

Relativement aux Bonds, le 10Y US est revenu sur les 2, 40% et le 30Y semble s’installer au-dessus des 3% propulsant le 30Y Mortgage au-dessus des +4%… Clairement les «Bonds proxy» ont encore souffert hier à New York, mais les techno ont, semble-t-il, marqué le pas, nous susurre-t-on. Ceci est étrange car en cette fin d’année, les ventes par internet ont été exceptionnelles, lors du week-end de Thanksgiving et ce secteur n’est pas sensible à la hausse, étant peu endetté. En plus, les principales capitalisations du secteur sont dans tous les tops 10 des brokers quand ils parlent d’un «Rapatriation Act». La valeur symbolique est Apple et le titre a encore testé son support des 110.
Daouda Mbaye   (SOURCE : BLOOMBERG)   – Les Afriques –