Nigéria : le cadeau fiscal de Buhari aux importateurs

Acculée par la baisse de valeur de la Naira et la baisse des prix du brut, Abuja vient de décider une baisse des droits sur l’importation de 89 produits. Un cadeau fiscal qui vise à soulager la pression sur les importateurs, notamment de produits et matériel industriels nécessaires aux unités d’hydrocarbures. Les produits destinés aux industries pétrolières ont ainsi vu leurs taxes douanières s’établir à 5%.

La présidence du Nigéria vient d’approuver la réduction de droits d’importation de quelques 89 produits indispensables à plusieurs secteurs de l’économie. Une mesure justifiée par le président Muhammadu Buhari, comme un appui à la reprise de secteurs essentiels à l’économie du pays. Cette décision entre dans le cadre des mesures fiscales activées en 2016. Une correction actée par une circulaire émise par le ministère des Finances le 7 janvier en remplacement de la politique fiscale de 2015.

Cette circulaire promue par Kemi Adeosun, ministre des Finances s’insère dans les Mesures de Protection Supplémentaires (SPM) qui viennent accompagner l’implémentation du plan de reprise économique 2015-2019. Un allègement fiscal qui implique 89 produits d’importations, qui ont vu leurs droits douaniers abaissés de 10 à 5%. Parmi ces produits, l’on retrouve le thé, les produits laitiers, les tomates transformées, les produits pharmaceutiques ou encore des dérivés pour l’industrie textile.

Bouée de sauvetage, face à la faiblesse de la Naira

La liste comporte également des produits destinés au secteur des hydrocarbures qui a du mal à se remettre des effets de la baisse continue des cours de pétrole. Abuja espère par ce cadeau fiscal alléger le poids de la conjoncture sur les finances des entreprises nigérianes. En effet, l’importation de produits essentiels au développement industriel du pays a été menacée par la baisse de valeur de la Naira suite aux effets conjugués du trend du pétrole et du Brexit.

Cette liste de 89 produits a été compartimentée en deux régimes fiscaux. Une première liste qui couvre les secteurs les plus critiques et qui ont vu leurs droits douaniers baissés à 5%. La deuxième catégorie a pour sa part vu sa taxation passer de 20 à 10%. Le Nigéria qui tire 75% de ses revenus du pétrole, souffre d’une pénurie de devises étrangères. Cette mesure vise à ménager les réserves nigérianes, dans un pays où le secteur bancaire devrait également rester sous pression en 2017.

La Tribune Afrique