Niger : visite du patron militaire américain pour l’Afrique sur le site d’une future base à Agadez

Le patron du Commandement des Etats-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), le général Thomas Waldhauser, s’est rendu mercredi à Agadez (nord du Niger) sur le site d’une future base militaire américaine, a-t-on appris jeudi auprès de l’ambassade des Etats-Unis à Niamey.

Depuis près de trois ans, l’armée américaine a positionné des drones, d’abord sur une base militaire à Niamey, la capitale, puis sur la base aérienne 201 à Agadez, en vue de soutenir l’opération française Barkhane destinée à lutter contre le terrorisme au Sahel.

Début octobre, elle a annoncé la construction d’une nouvelle base adjacente à la BA201 au sud du chef-lieu de l’Aïr afin de mener efficacement la lutte contre les groupes terroristes et autres trafiquants de drogue qui opèrent dans la bande sahélo-saharienne.

Cette base, installée « à la demande » des autorités nigériennes, a assuré mercredi l’ambassade américaine dans un communiqué, permettra d’améliorer la « capacité collective » à répondre aux menaces régionales et facilitera le partage des renseignements avec le Niger et avec d’autres pays partenaires, confrontés à des menaces sécuritaires communes, dont le Cameroun, le Tchad, le Mali et le Nigeria.

Pour Washington, « le Niger reste un partenaire solide et fiable contre le terrorisme » et les Etats-Unis « sont déterminés à l’aider à protéger ses frontières », précise le communiqué dont un correspondant de l’agence Xinhua à Niamey en a reçu copie jeudi.

Depuis quelques années, certaines puissances occidentales ont décidé de faire du Niger, vaste pays du Sahel à cheval entre l’Afrique noire et le Maghreb, leur base en Afrique subsaharienne.

C’est d’abord l’armée française qui s’est installée en octobre 2014 à Madama dans la région d’Agadez, en plein désert du Sahara et près du Sud libyen, dans le but de démanteler les bases arrières de ces groupes qui pullulent la zone sahélo-saharienne.

Après Paris et Washington, c’est au tour de Berlin qui a annoncé début octobre la construction prochaine dans le nord du Niger d’une base aérienne d’appui, selon elle, à la mission onusienne au Mali (MINUSMA).

Pour rappel, le sud et le sud-est du Niger sont frontaliers du Nigeria où sévit depuis 2009 le groupe terroriste Boko Haram qui a fait près de 20.000 morts et poussé à l’exode plus de 2,6 millions de civils. A l’ouest, le Niger est voisin du Nord-Mali qui abrite depuis près de cinq ans plusieurs groupes terroristes proches d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), d’Ansar Dine et d’autres mouvements rebelles ayant à leur actif plusieurs attaques meurtrières sur le sol malien et dans les pays voisins.

Le Niger est également voisin de la Libye dont la partie sud est contrôlée par des groupes armés et autres bandits de tout acabit depuis le renversement en 2012 du régime de Moammar Kadhafi.

Cette présence militaire étrangère est fortement critiquée par de nombreux citoyens nigériens, notamment des leaders de la société civile, certains accusant ces puissances de vouloir « transférer le combat » sur leur sol.

Rédacteurs : Yishuang Liu, Wei SHAN    – Le Quotidien du peuple –

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