Missions de paix de l’ONU : le Sénégal invite à s’attaquer aux menaces asymétriques

New York (Etats Unis) – Le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur Mankeur Ndiaye a appelé, lundi, à New York, à s’attaquer aux menaces asymétriques qui constituent, selon lui, « l’un des défis les plus complexes auxquels les missions de paix restent confrontées ».

 

« L’heure est venue de s’attaquer à l’un des défis les plus complexes auxquels les missions de paix restent confrontées : les menaces asymétriques’’, a dit Mankeur Ndiaye qui présidait le débat de haut niveau initié par la présidence sénégalaise du Conseil de sécurité sur le thème : « les opérations de paix face aux menaces asymétriques ».

 

« Ce phénomène, en ce qu’il menace la vie des populations civiles et sape l’efficacité des opérations de paix, de l’Afrique au Moyen-Orient, mérite une attention particulière, notamment de la part du Conseil de sécurité des Nations Unies », a souligné le ministre sénégalais des Affaires étrangères.

 

Mankeur Ndiaye a relevé que le Sénégal qui préside le Conseil de sécurité durant le mois de novembre a choisi de lancer la réflexion sur ce thème pour « porter un regard sur la nécessaire adaptation des outils sur lesquels repose l’Architecture de paix et de sécurité de l’Organisation ».

 

Le débat a été enrichi par les interventions de la secrétaire générale de la Francophonie, Michäelle Jean, du directeur exécutif du Comité contre le terrorisme, Jean-Paul Laborde, du directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, Yury Fedotov et du Directeur du Centre des opérations de paix de l’Institut International pour la Paix, Arthur Boutellis qui ont porté sur l’acuité de la problématique et les possibilités de juguler la menace.

 

« La donne internationale en matière de sécurité a complètement changé aujourd’hui avec la prolifération de conflits internes violents, impliquant souvent de puissants à la faveur de l’émergence des acteurs non-étatiques, notamment les groupes terroristes », a soutenu Mankeur Ndiaye.

 

Il a regretté que les groupes criminels du Nord du Mali au Moyen Orient en passant par l’Afghanistan, la République démocratique du Congo et la République centreafricaine « prennent régulièrement pour cible le personnel des Nations Unies et les populations civiles, en particulier les couches vulnérables que sont les femmes et les enfants ».

 

Les exemples de la MINUSMA, de la MINUSCA ou encore de la MINUSS sont symptomatiques des atteintes graves et répétées envers la population civile et les forces des missions de paix.

 

S’appuyant sur un rapport du Secrétaire général de l’ONU sur le Mali, Mankeur Ndiaye a rappelé, pour le dénoncer, que « les Forces de défense et de sécurité maliennes ont été attaquées 39 fois, la MINUSMA 27 fois et une entreprise qui travaille pour la MINUSMA une fois, alors qu’au cours de la période précédente, il y avait eu 9 attaques contre les Forces de défense et de sécurité maliennes et 15 contre la Mission ».

 

Et le bilan macabre ne s’arrête pas là, a dit le ministre qui a ajouté qu’ »au total, 34 casques bleus ont été tués et 190 blessés entre janvier 2015 et novembre 2016 au Mali alors que durant la seule journée du 13 août 2016, cinquante (50) civils ont été tués en République démocratique du Congo ».

 

C’est dire, par conséquent, selon M. Ndiaye, que « l’accomplissement d’une mission de maintien et de consolidation de la paix dans de tels environnements relève d’un exercice périlleux comme en témoigne le lourd tribut payé par les casques bleus de la MINUSMA ».

 

« La gravité de la situation est telle qu’elle affecte l’efficacité même des opérations de paix en plus d’entamer leur crédibilité’’, a dit le ministre.

 

’’Plusieurs options pourraient s’offrir à nous : soit, maintenir le statu quo et ignorer les menaces et leurs conséquences dévastatrices ; soit, renoncer à s’investir quand des mouvements terroristes sont présents et, renoncer en même temps alors à notre objectif principal de maintenir la paix et la sécurité’’, a- t-il souligné.

 

’’Enfin, nous pourrions essayer d’adapter les opérations de maintien de la paix afin qu’elles soient aptes à répondre aux défis posés par l’émergence des menaces asymétriques et du terrorisme », a analysé le chef de la diplomatie sénégalaise.

 

Papa Ousmane Ngom   – APS –