Michelle Obama: une First Lady devenue très influente

Huit ans après son arrivée à la Maison Blanche, l’épouse de Barack Obama est une personnalité qui compte sur la scène politique américaine. Au point d’avoir son mot à dire sur la personne qui dirigera les Etats-Unis après son mari. La popularité de Michelle Obama a été mise au service de la campagne d’Hillary Clinton.

 

28 octobre 2016. La  première dame des Etats-Unis, Michelle Obama, et l’ancienne First Lady, Hillary Clinton désormais candidate démocrate à la Maison Blanche, tiennent leur premier meeting commun. L’occasion pour Michelle Obama de répondre à une critique de Donald Trump, prétendant républicain à la présidence. L’adversaire de Clinton estime que la First Lady est trop impliquée dans la campagne présidentielle.

 

«Je sais qu’il y a des gens qui disent que c’est inédit qu’une première dame soit aussi activement engagée dans une campagne présidentielle. Cela est peut-être vrai, admet-elle. Tout comme il est vrai que c’est une élection sans précédent. Et c’est pourquoi je suis ici.»

 

Au fil des deux mandats de Barack Obama, la First Lady a savamment assis sa popularité.

 

Première dame, «first» !

Michelle Obama doit son influence au fait qu’elle a su éviter les écueils d’une première dame trop politisée, comme le fut Hillary Clinton qui n’a jamais fait mystère de ses différentes ambitions politiques. Michelle Obama, elle, a annoncé la couleur dès les premières heures du mandat de Barack Obama. Elle compte s’inscrire dans la tradition : elle sera donc «Mom in chief (maman en chef)».

 

 

En 2009, la brillante avocate diplômée de Princeton et de Harvard, retrousse ses manches pour offrir… un potager à la Maison Blanche. Elle veut ainsi lancer un débat national sur les bienfaits d’une bonne hygiène alimentaire, dans un pays où près de 13 millions d’enfants et d’adolescents sont obèses. La démarche aboutira un an plus tard à Let’s move, une campagne de lutte contre l’obésité.

 

Depuis, la First Lady apporte également son soutien aux vétérans et aux familles des militaires, encourage les jeunes Américains à poursuivre des études supérieures et milite avec le programme, Let’s girls Learn, pour l’accès à l’éducation pour toutes les jeunes filles dans le monde. Car l’aura de Michelle Obama est internationale. Elle s’engage, par exemple, pour la libération des jeunes Nigérianes enlevées en 2014 par les terroristes de Boko Haram.

 

Reine de la communication

En phase avec son époque, la First Lady sait communiquer pour défendre ses causes, parfois controversées. Elle n’hésite pas faire quelques pas de danse, à chanter et à faire le tour des plateaux télé où ses prestations, toujours remarquées, battent des records d’audience.

 

Les apparitions de Mrs.O, comme l’a surnommée Mary Tomer sur son blog consacré au style de la première dame, sont toujours un évènement. Elle est devenue une icône de la mode, habillée par des grands couturiers ou en simple prêt-à-porter.

 

La robe que Michelle Obama portait sur le célèbre tweet, où Barack Obama annonçait sa réélection, était en rupture de stock quelques heures après la publication du message.

 

 

 

La cote de popularité de la First Lady est aujourd’hui meilleure que celle de son mari Barack Obama, selon un sondage NBC/Wall Street Journal réalisé à la mi-octobre: 59% des Américains ont une image positive de la première dame.

 

Une première dame qui n’a pas été toujours aussi populaire

Mais Michelle Obama n’a pas toujours été aussi consensuelle. Lors de la première campagne de son mari en 2008, elle va desservir son époux, à cause de cette déclaration, qualifiée d’antipatriotique. «Les gens dans ce pays sont prêts pour le changement (…) L’espoir est de retour. Pour la première fois de ma vie d’adulte, je suis fière de mon pays», affirme-t-elle alors. Elle corrigera très vite le tir.

 

Elle n’a pas échappé non plus au cliché raciste et sexiste de la Angry Black Woman (femme noire en colère), notamment après la parution d’un livre qui fait état de ses rapports tendus avec les conseillers de la Maison Blanche. Elle montera au créneau pour se défendre en 2012 en accordant un entretien exclusif à la chaîne américaine NBC.

 

N’en déplaise à ses détracteurs, Michelle Obama qui n’aimait pas s’exprimer en public est devenue une excellente oratrice. Et elle est constitue un atout de taille pour la candidate démocrate à la Maison Blanche qui s’est d’ailleurs offert les services de Kristina Schake, la conseillère en communication qui a rendu Michelle Obama si cool.

 

 

L’influence d’une First Lady au service de la candidature d’une ancienne première dame

En juillet 2016, la première dame des Etats-Unis est l’une des personnalités les plus attendues au premier jour de la convention démocrate. Le parti a misé sur elle pour capter le capital sympathie des électeurs. C’est aussi à elle d’incarner le passage de témoin entre son époux et Hillary Clinton.

 

Michelle Obama va prononcer à cette occasion l’un des deux discours les plus marquants de la campagne Clinton. Sans le nommer, elle envoie des piques à Donald Trump et offre un nouveau slogan à Hillary Clinton dans une campagne qui ne vole pas toujours très haut: «When they go low, we go high (Quand ils s’abaissent, on s’élève)».

 

Sa deuxième intervention, où il est toujours question de Trump, dénonce le sexisme du prétendant républicain. C’est un plaidoyer pour toutes les femmes. «Peu importe le parti politique auquel vous appartenez ! Démocrate, républicain, indépendant, aucune femme ne mérite d’être traitée de cette façon. Aucune de nous ne mérite ce type d’abus», déclare-t-elle le 14 octobre 2016.

 

Pour le très conservateur polémiste américain Glenn Beck, c’est le meilleur discours politique jamais prononcé depuis l’ancien président républicain Ronald Reagan.

 

 

Populaire au point de briguer la présidence?

La cote d’amour de Michelle Obama est telle que certains lui prédisent un destin similaire à Hillary Clinton. Pourtant, la First Lady n’a cessé de déclarer qu’elle n’avait aucune ambition présidentielle. Quand on lui pose la question, la réponse reste immuable : «Non !». CNN a fait le décompte entre 2012 et 2016 : elle a répondu ainsi au moins huit fois. Une vague rumeur, lancée en 2012, la donnait même partante pour briguer un siège de sénatrice de l’Illinois… en 2016.

 

Récemment encore, Barack Obama a affirmé que sa femme ne se lancerait jamais dans une carrière politique. Elle n’en aurait ni la patience ni l’envie.

 

La première First Lady afro-américaine est devenue la parfaite synthèse entre la très chic Jackie Kennedy et la très politique Eleanor Roosevelt, ses modèles. Et Michelle Obama, à son tour, est en passe d’en devenir un.

Par Falila Gbadamassi@GeopolisFTV