Le marché commun pour 54 pays africains, enfin une réalité ?

 

L’Union africaine (UA) vient d’annoncer la mise en place dans les plus brefs délais d’un marché commun dédié aux 54 pays du continent. Un vieux rêve annoncé en 2015 par l’institution panafricaine qui tient à le matérialiser.
La Commission de l’Union Africaine (UA) au commerce et à l’industrie vient d’annoncer la libéralisation du marché africain aux 54 pays qui composent le continent avec la création prochaine d’une zone de libre-échange destinée à dynamiser le commerce intracontinental qui ne représente que 10% contre 2% seulement de contribution à l’échelle mondiale. Avec ce projet, si l’on s’en tient aux projections, les pays africains devraient collecter en moyenne 35 milliards de dollars par an.
Pour le commissaire au Commerce et à l’industrie de l’UA, il ne fait aucun doute que le continent aura « un marché intégré et commercialement viable à la fin de cette année ».

D’ici 2021, l’UA estime que la part du commerce intracontinental pourrait doubler et représenter près de 28%. Avec des telles perspectives, le Commissaire au commerce et à l’industrie est très enthousiasmé. « Nous pouvons mettre fin au paradoxe d’une Afrique qui regorge d’énormes ressources naturelles et dont les populations sont les plus pauvres du monde, une Afrique exportatrice de matières premières sans aucune transformation et dont les pays sont victimes de la détérioration des termes de l’échange… », a-t-il déclaré en toute fierté. Avant sa matérialisation, le projet doit, les 3 et 4 juillet courant, être soumis à des négociations et autres tractations, l’idée étant de réfléchir sur les modalités de son implémentation sur l’ensemble du continent. Pour cela, il doit recevoir l’assentiment des décideurs politiques dont les points de vue demeurent largement distancés.

Facteurs bloquants…

Agité en 2015 lors du sommet de l’UA à Johannesburg, en Afrique du sud, le projet se heurte à des obstacles propres aux structures de certaines économies africaines dont l’entrée de devises dépend des recettes douanières qui pourraient baisser en raison de la mondialisation. De même, certains marchés moins lourds ont peur de voir leur territoire envahi ou encore faire l’objet d’une concurrence déloyale au profit des grandes puissances africaines. Si l’idée parait pour certains pays parsemée d’embuches, le projet peut cependant être porteur d’espoir avec notamment la création d’emploi voire le développement économique du continent.

Michael Moukouangui Moukala   – GabonEco-