Liberté et prospérité : un duo gagnant

Fondamentalement, il existe deux types de sociétés. Le premier permet aux gens de prendre leurs propres décisions au sujet de leurs propres vies. Dans le second, quelqu’un  le fait à leur place. Dans le premier cas on profite de la liberté ; dans le second on subit la tyrannie. Sans surprise, la proportion avec laquelle la liberté ou la tyrannie domine détermine le bonheur ou le malheur, la richesse ou la pauvreté d’une société.

 

Certains modérés pensent  qu’un mélange de liberté et de tyrannie peut produire bonheur et progrès. Nous avons désormais suffisamment de recul et de preuves pour éclairer ce débat. Le bien-être humain est incontestablement amélioré par une plus grande liberté et les différents index de la liberté économique dans le monde en attestent. Presque partout dans le monde la liberté a progressé au cours du dernier siècle et le niveau de vie s’est bien amélioré. Ceux qui vivent encore dans la pauvreté sont le plus souvent sous l’emprise de régime s’apparentant à des tyrannies où la liberté est terriblement réduite au gré des caprices des tenants du pouvoir.

 

Ainsi, contrairement à ce que certains affirment, la liberté n’est pas synonyme de chaos. C’est bien l’inverse. Par liberté, on entend un respect des biens et des personnes et le respect de l’état de droit. La Suisse est un bon exemple de pays libre, c’est même un exemple de démocratie avec une forte participation des citoyens. On peut même dire qu’en Suisse, les citoyens font les règles via les référendums. Ils peuvent même révoquer les politiciens avant l’expiration de leur mandat.

 

La plupart du temps, les tensions et discordes au sein des sociétés sont liées à la question de savoir qui doit contrôler qui, et qui doit servir qui. Est-ce le gouvernement qui doit servir le peuple, et ce le peuple contrôle les excès du gouvernement? Ou est-ce le peuple qui doit servir le gouvernement, qui doit à son tour contrôler les excès du peuple? Alors que les citoyens Suisses sont clairement en charge de leur processus démocratique, même dans les pays libres et démocratiques tels que les Etats-Unis, les garde-fous et contrepoids inscrits dans la Constitution pour protéger les citoyens contre les excès du gouvernement sont érodés. Au départ, le but de la protection constitutionnelle est clair, mais il devient malheureusement flou avec le temps.

 

Les gouvernements doivent avant tout assurer la sécurité des populations. Le souhait des citoyens est clair : ils veulent être protégés contre les invasions étrangères, les violences ou la fraude contre eux ou leurs biens. Cependant, ce pouvoir présente des avantages comme ses inconvénients. Tous les efforts doivent donc être déployés pour, le limiter dans les constitutions et les lois. Il faut également des institutions de contre-pouvoir fortes pour freiner toute tentative d’abus.

 

La déclaration du juge irlandais John Curran en 1790 est  restée très célèbre: «  La condition de la liberté de l’homme est sa vigilance éternelle ». La partie moins connue de la citation est : «  quelle conséquence s’il échoue, la servitude est à la fois la conséquence de son crime, et la punition de sa défaillance ». En d’autres termes, la seule protection réelle dont disposent les citoyens contre les abus du pouvoir est leur propre vigilance et s’ils ne parviennent pas à le faire, ils deviennent les esclaves des autres. Par ailleurs, si les gens protègent correctement leur liberté, ils peuvent concentrer leurs énergies sur l’amélioration de leur condition matérielle.

 

Les gouvernements démocratiques sont tenus de servir le peuple. C’est en fait la forme que ce service devrait prendre qui est vivement débattue. Le maintien de la paix, y compris la sécurité des biens et des personnes, serait probablement en tête de liste  de la plupart des attentes des citoyens envers leur gouvernement. Personne n’aime vivre dans la peur, ou voir la propriété de ses biens violés. Un système juridique solide, fondé sur la primauté du droit dans le sens des règles générales applicables à tout le monde, serait probablement aussi au sommet de la liste des attentes citoyennes. L’égalité face à la loi et la justice est également une condition importante. Au-delà de cela, les citoyens veulent généralement être libres, avec le minimum d’intrusion gouvernementale dans leur vie aussi longtemps qu’ils se montrent respectueux de la propriété et des personnes de leurs concitoyens.

 

Les données empiriques montrent qu’un gouvernement réduit se limitant à ses fonctions régaliennes est un environnement propice à l’économie. Les pays qui offrent la plus grande liberté économique sont le terreau le plus favorable au bien-être humain. Cela se traduit par un revenu par habitant plus élevé, moins de pauvreté, une plus grande espérance de vie, un plus faible taux de chômage, moins de criminalité, de meilleurs soins de santé, et des taux d’alphabétisation plus élevés.

 

Ainsi, la liberté économique est conditionnée par l’efficacité du gouvernement dans l’exercice de ses fonctions de maintien de l’ordre. Cette liberté est compromise chaque fois que le gouvernement impose des procédures bureaucratiques lourdes et coûteuses. En conclusion, il devrait se cantonner à ses missions de base dans le sens du bien commun et de l’égalité de tous devant la loi : l’Etat de droit.

Eustace Davie

Eustace Davie, analyste pour The Free Market Foundation (version élaguée- Article initialement publié en anglais par la Free Market Foundation – Traduction réalisée par Libre Afrique –

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