Le duel Trump-Clinton plus indécis que jamais

La campagne d’Hillary Clinton se termine comme elle avait commencé : brouillée par l’affaire de la messagerie privée et non sécurisée qu’elle avait utilisée lorsqu’elle dirigeait la diplomatie américaine. A moins d’une semaine de l’élection présidentielle qu’elle était quasi assurée de remporter face à un Donald Trump de plus en plus discrédité, la réouverture, vendredi, d’une enquête par le directeur du FBI , James Comey, a rebattu, une nouvelle fois, les cartes de cette campagne interminable. Mardi, un sondage ABC-Washington Post redonnait un point d’avance à Donald Trump avec 46 % des intentions de vote contre 45 % pour Hillary Clinton .

Une première enquête du FBI avait été classée sans suite en juillet, ce dernier estimant qu’Hillary Clinton n’avait pas mis en péril de façon intentionnelle la sécurité des Etats-Unis. Mais la décision des policiers de rouvrir les investigations ont provoqué l’exaspération des démocrates, car rien n’indique qu’elles seront terminées avant le 8 novembre, jour des élections. Rien ne dit non plus ce qui adviendrait si le FBI découvrait cette fois de graves éléments sur les emails d’Hillary Clinton, y compris une fois celle-ci élue à la Maison Blanche.

Mandat d’enquête délivré dans l’urgence

Le mandat d’enquête a finalement été délivré dans l’urgence par les autorités judiciaires et les investigateurs se sont mis au travail dimanche. Ils ont sauvegardé les données du disque dur de l’ordinateur portable de l’ancien législateur Anthony Weiner, mari d’ une très proche collaboratrice d’Hillary Clinton, Huma Abedin . Une équipe de plusieurs dizaines d’enquêteurs est à pied d’oeuvre dans un bâtiment de la capitale fédérale. Le camp démocrate n’a pas cessé de dénoncer les méthodes du FBI, censé éviter les actions influençant l’opinion à l’approche d’une élection.

Trump veut abolir l’ « Obamacare »

Le candidat républicain, Donald Trump a sauté sur cette ultime opportunité qui lui est donnée de forcer le destin et de remporter l’élection. Dans un discours consacré à la coûteuse réforme du système de santé de Barack Obama, votée en 2010, il a redit son intention de l’abroger et de la remplacer dès son entrée en fonction. Il convoquera une session spéciale du Congrès pour abolir « Obamacare ».

Hillary Clinton, de son côté, est repartie en guerre contre son adversaire dénonçant une nouvelle fois les travers de la personnalité du milliardaire, qui n’aurait selon elle pas l’envergure pour le Bureau ovale. « Imaginez-le nous empêtrer dans une guerre parce que quelqu’un l’aurait froissé », a-t-elle lancé lundi dans l’Ohio. Pour consolider son soutien avant qu’il ne soit trop tard, la candidate Clinton devait revenir mardi en Floride, où elle était déjà ce week-end. Barack Obama et Donald Trump s’y rendront eux aussi jeudi.

CATHERINE CHATIGNOUX   – Les Echos –