L’américain Exxon achète 25% des parts du champ gazier Coral au Mozambique

L’américain Exxon avance ses pions au Mozambique, en investissant 2,8 milliards de dollars dans l’achat de 25% des parts du champ gazier Coral. Une opération qui rentre dans le cadre de la diversification du groupe américain et qui associe ce dernier avec l’italien ENI dans l’exploitation d’une capacité estimée de 85 milliards de mètres cubes. Maputo de son côté, voit d’un bon œil cette acquisition qui devrait accélérer le processus d’extraction et par ricochet lui permettre de renflouer ses caisses.
Exxon Mobil Corp, géant pétrolier américain vient d’annoncer l’acquisition de 25% des parts de Coral, d’un projet de gaz naturel liquifié (GNL) au large du Mozambique, de l’italien Eni SpA. Montant de l’opération, quelques 2,8 milliards de dollars ! Une acquisition qui s’inscrit dans la stratégie de diversification de l’opérateur pétrolier qui compte multiplier les achats d’actifs de GNL.

A Eni l’extraction et la transformation pour Exxon
Cette opération vise la zone extracôtière numéro 4, où l’Italien Eni a découvert en 2011 un champ gazier a la capacité de production estimée est de 85 milliards de mètres cubes de GNL. A noter, que selon la banque new-yorkaise Cowen and Co, cette acquisition est 47% moins chère que le prix payé par la China National Petroleum Corp, pour seulement 1/5 de l’actif en 2013.

L’entrée d’Exxon dans le capital de Coral devrait accélérer le développement dans ce qu’un certain nombre d’analystes désignent comme l’un des plus grands projets de GNL au monde. Selon l’accord entre les deux compagnies, Eni devrait continuer à exploiter le volet offshore du projet. Ce qui englobe l’ensemble des puits sous-marins et les pipelines de la zone 4, alors qu’Exxon sera en charge de la construction et l’exploitation des installations de liquéfaction situées à l’intérieur des terres.

Niveau commercialisation, l’anglais BP Plc a annoncé son intention d’acheter la totalité de la production du complexe Coral South. Une intention qui n’a toujours été actée sur papier, un retard qui soulève des inquiétudes au niveau de Maputo. Le Mozambique espère en effet, qu’en bouclant ce deal avec BP, l’Etat évitera de se retrouver en incapacité de paiement d’intérêt sur Eurobond en janvier prochain, ce qui ferait de Maputo le premier pays africain à ne pas respecter ses obligations en 6 ans.

Offensive de l’américain sur le GNL
En plus d’Exxon et d’ENI, l’on retrouve la compagnie pétrolière nationale du Mozambique, Koreas Gas Corp (entreprise d’Etat sud-coréenne) et Galp Energia SGPS SA (opérateur portugais), qui détiennent respectivement 10% des parts de la zone 4. Le reste du capital est détenu par China National Petroleum Corp, qui hérité de ces parts après que l’entreprise ait acquis 28,6% du tour de table d’Eni East Africa.

Cet intérêt d’Exxon pour le GNL, s’explique par les prévisions internes au groupe qui pointent vers un accroissement de la demande en gaz liquéfié à un taux annuel moyen de 1,6%, et ce, jusqu’en 2040. Ce qui représente plus du double du taux évalué pour le brut. L’investissement au Mozambique a été précédé par l’achat d’InterOil Corp par Exxon pour 3,9 milliards de dollars, de manière à sécuriser les opérations de forage en Papouasie-Nouvelle Guinéee où l’opérateur américain exploite déjà une plateforme offshore de GNL.

Du côté d’ENI, cette cession s’inscrit dans un programme de désinvestissement où l’opérateur s’est engagé à engranger entre 5 et 7 milliards d’euros en cession d’actifs d’ici 2020. Un programme qui n’inclut pas la vente des participations d’Eni dans le capital de Zhor, un projet d’extraction de gaz au large des côtes égyptiennes. Conclu en 2016, cette opération a été conclue avec le tandem anglo-russe, BP et Rosneft et a rapporté 2,1 milliards de dollars au groupe italien.

 

Par Amine Ater       – LTA –

 

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