L’Algérie lorgne le pétrole libyen

Le P-dg de la compagnie pétrolière libyenne « National Oil Corporation » (NOC), Mustafa Sanallah, a rencontré de nombreux dirigeants algériens. Des enjeux qui expliquent qu’Ager, plus que jamais, suit de très près la situation en Libye.

Reçu par le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, ainsi que le ministre de l’Energie. Mustapha Guitouni, le premier responsable du secteur pétrolier a également eu toute une audience avec le ministre des affaires étrangères, Abdelkader Messahel.

Mustapha Sanallah a informé Messahel des difficultés auxquelles est confronté le secteur pétrolier en raison de la crise sécuritaire qui secoue la Libye. » L’avis et les observations de M. Messahel, d’après le ministre libyen, seraient décisifs pour la protection des ressources et des plateformes pétrolières et la préservation de l’unité de la compagnie nationale pétrolière de Libye, d’autant que « l’Algérie et la Libye ont des frontières et des champs (pétroliers) communs ».

Sécurité d’abord

Le message des libyens à l’Algérie est clair et net : aidez-nous à mieux exploiter notre pétrole et à la sécuriser. Et pour cette mission, l’Algérie déploie d’énormes efforts car si le pétrole libyen tombe entre de mauvaises mains, c’est tout le marché pétrolier qui connaîtra une dégringolade très dangereuse.

 

Un scénario catastrophique qu’Alger veut éviter à tout prix surtout au moment où l’Egypte multiplie les bombardements sur des cibles libyennes. Avec leur allié, le général Haftar, les égyptiens tentent de mettre la main sur le précieux pétrole libyen qui peut être par la suite écouler dans le marché noir à des prix très bas.

Négociations secrètes

Alger mobilise ses réseaux en Libye pour empêcher cette éventualité de se concrétiser dans les semaines ou mois à venir. Pour ce faire, Alger s’implique dans la gestion de la NOC et propose son expertise. Dans le secret total, Sonatrach a été autorisée à relancer ses activités dans certaines parties du territoire libyen tenues par des factions favorables à Alger.

Il faut savoir que Sonatrach s’est implantée en Libye à partir de 2005 à travers deux blocs ; le bloc 65 dans le bassin de Ghadamès où Sonatrach opère en effort propre, dont la première découverte a été réalisée en 2008. Sonatrach est présente également dans le bloc 95/96 où elle opère en partenariat avec d’autres firmes internationales. Dans les détails, ce contrat, portant sur les blocs 95/96, a été remporté par Sonatrach en consortium avec deux entreprises indiennes.

L’ombre de Chakib Khelil

 

En 2005, Sonatrach remporte un premier contrat en Libye dans le bloc 065. La durée de cet investissement a été également de cinq années, pour un investissement de 13 millions de dollars. Pour rappel, ce contrat a été signé en présence de Chakib Khelil, ex-ministre de l’Énergie et des mines, à l’invitation du ministre libyen, Choukri Ghanem, secrétaire du Comité populaire de la société pétrolière (NOC).

Lorsque les violences éclatent en Libye, Sonatrach est contrainte de se retirer. Mais aujourd’hui, l’Algérie ne peut plus se permettre le luxe de rester les bras croisés face à la situation libyenne.

 

Louise Dimitrakis    – Mondafrique.com –

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