L’Afrique du sud appréhende l’explosion des coûts des emprunts

Les coûts des emprunts de l’Afrique du sud pourraient exploser en cas de dégradation de la note de sa dette souveraine par les agences de notation financières internationales. C’est la plus grande crainte du ministère des finances. Explications

Une tempête menace l’économie sud-africaine. Et pour cause, le ministre adjoint des finances du pays, Mcebisi Jonas alerte que les coûts des emprunts de la nation arc-en-ciel « seraient susceptibles de doubler, voire de tripler, en cas de dégradation de la note de sa dette souveraine par les agences de notations financières internationales », alerte-t-il.

 

 

La note souveraine du pays, qui donne les informations significatives sur l’économie et sa valeur, est au plus bas au pays de Jacob Zuma qui traverse ces derniers mois, une période d’intempéries économiques. Pour les autorités d’Afrique du sud, cette situation extrême pourrait amener le pays à revoir ses dépenses sociales.  Il est à remarquer qu’en octobre dernier, les coûts du service de la dette avaient déjà fait grimper le budget intermédiaire.

 

Une économie en chute libre

Entre temps deuxième économie du continent africain, derrière le Nigeria, l’Afrique du sud a perdu ses repères. D’après le FMI, le pays traverse sa pire crise économique depuis 2009. L’institution financière internationale estime sa prévision de croissance économique pour 2016 à 0,6% soit sous la barre des 1%.

 

 

Cette régression économique est due à la crainte des investisseurs qui ont freiné leur élan et à la dette extérieure qui devient de plus en plus lourde avec la chute des cours des matières premières. Le taux de chômage très élevé (26,7 %) se conjugue aux inégalités sociales. Riche en minerais, le pays tire ses revenus les plus importants du platine (70 % de la production mondiale), de l’or, du charbon et du diamant. L’Afrique du sud, qui a déjà été recalée par Standard & Poor’s et Fitch Ratings, verra sa note revue d’ici le mois de décembre 2016. A Pretoria, on ne se fait quasiment plus d’illusion sur un éventuel maintient de cette note. Une situation qui pourrait faire fuir les investisseurs qui se font déjà rares.

Par Emmanuel – La Tribune Afrique –