La Suisse confirme que les négociations sur le nucléaire iranien ont été espionnées

Des ordinateurs ont bien été piégés par un logiciel espion lors des délicates négociations sur le nucléaire iranien organisées en 2015 dans un grand hôtel de Genève, a annoncé jeudi le parquet suisse. Le Ministère public helvétique a toutefois annoncé que l’enquête était désormais close, car les auteurs de ces activités d’espionnage n’ont pas pu être identifiés.

Les autorités avaient ouvert en mai 2015 une enquête pénale contre X pour « soupçon de service de renseignements politiques prohibés en Suisse » et un grand nombre d’ordinateurs avaient été saisis lors d’une perquisition dans un grand hôtel qui accueillait les négociateurs.

« Il a pu être établi dans le cadre des investigations qu’un grand nombre d’ordinateurs (serveur et clients) d’un hôtel à Genève avaient été infectés par un maliciel (malware) », a expliqué le parquet. « Ce maliciel a été développé à des fins d’espionnage et sert pour l’essentiel à recueillir des données à partir des ordinateurs infectés », a-t-il ajouté.

Les discussions entre diplomates et experts des 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France plus l’Allemagne) et de l’Iran avaient donné lieu à de nombreuses sessions de négociations, pour la plupart en Suisse et en Autriche, depuis novembre 2013. Elles s’étaient conclues le 14 juillet 2015 par un accord historique prévoyant un encadrement des activités nucléaires iraniennes en échange de la levée des sanctions internationales.

L’Etat d’Israël, fermement opposé à ces discussions, a été très vite pointé du doigt par des experts informatiques.

La société russe de sécurité informatique Kaspersky Lab avait indiqué avoir découvert la présence d’un logiciel d’espionnage sophistiqué, considéré par nombre d’observateurs comme venant d’Israël.

Israël a toujours nié être à l’origine de ces activités.

Le Ministère public suisse admet que l’enquête n’a débouché sur « aucun soupçon par rapport à des auteurs concrets ». « Cela signifie en d’autres termes qu’il existe certes des preuves d’activités criminelles mais celles-ci ne peuvent pas être attribuées à une personne déterminée », a-t-il souligné pour justifier la suspension de la procédure.

BELGA  –  La Libre.be  –

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