Kenya : le mobile draine désormais 90% des prêts bancaires !

Les prêts bancaires connaissent une nouvelle évolution avec le Mobile Banking au Kenya. Dans ce pays d’Afrique de l’Est, les services de prêts des banques commerciales utilisent désormais principalement les téléphones mobiles pour accorder des fonds aux emprunteurs. La pratique se généralise et devrait toucher prochainement 100% des demandeurs de prêts.

Le principal canal utilisé par les institutions financières au Kenya pour accorder des prêts aux clients est le téléphone mobile. 90% des prêts au Kenya sont accordés par ce moyen et les banques commerciales kényanes mettent désormais le cap sur 100% des prêts qui seront proposés aux clients. Les banques championnes dans cette pratique sont Kenya Commercial Bank (KCB) et l’Equity Bank, les deux plus grandes banques du pays.

 

 

James Mwangi, Directeur général d’Equity Bank a expliqué qu’entre 20.000 et 50.000 demandes de prêts sont reçues au niveau de ses agences chaque jour par téléphonie mobile. Pour l’heure, 41% sont approuvées, a-t-il dit avant d’ajouter que les demandes peuvent atteindre les 120.000 demandes par jour notamment les week-ends. De son côté Joshua Oigara, PDG de la KCB a indiqué que sa banque traite désormais 91% des prêts par plateforme mobile. Au niveau de cette banque, les demandes de prêts mobiles atteignent 80.000 par jour.

 

Le mobile-money dope les transactions

L’adoption du mobile-money par les institutions bancaires kényanes a augmenté le taux de bancarisation du pays. Selon les derniers chiffres de la Banque centrale, entre juin 2015 et juin 2016, les habitants kényans ont réalisé des transactions s’élevant à 15,8 milliards de dollars grâce à ce système. Alors qu’entre juin 2014 et juin 2015, ce chiffre n’était que de 13,1 milliards de dollars.

 

 

Les banques kényanes, qui ne voulaient pas entendre parler de la technologie de paiement mobile dans un premier temps, ont dû changer d’avis avec les performances de ce nouvel outil financier. Aucune d’entre elles ne peut désormais résister à cette évolution et surtout à l’augmentation du taux de bancarisation dans le pays qu’elle a permis et donc l’augmentation du nombre de clients. Plusieurs établissements financiers sont actuellement dans un processus d’élimination des circuits sur papier pour atteindre plus de clients et faire prospérer leur business.

Par Didier Assogba    – la Tribune –