Gestion du numérique : L’Afrique subsaharienne à la quête d’un large spectre

La deuxième conférence annuelle sur la gestion du spectre en Afrique subsaharienne s’est ouverte hier à Dakar, sous la présence du ministre sénégalais des Postes et des Télécommunications, Yaya Abdoul Kane et du directeur de l’Autorité de régulation des télécommunications et des Postes (Artp), Abdou Karim Sall.

 

Après la première qui s’est tenue à Johannesburg, Dakar, en collaboration avec l’Union internationale des télécommunications et le Forum global, abrite la deuxième conférence annuelle sur la gestion du spectre en Afrique subsaharienne. Intervenant dans un contexte particulier, notamment la transition vers le numérique, cette rencontre qui regroupe plus de 200 participants de 40 pays différents, en majorité africains, a consacré un atelier sur les mécanismes de financement de la radiodiffusion numérique à l’ouverture de la première session.

 

A cet effet, le ministre sénégalais des Postes et des Télécommunications, venu présider la rencontre, a renseigné qu’en ce qui concerne la Télévision numérique terrestre (Tnt), le Sénégal a couvert presque tout le territoire. « Sur les quatorze régions, les douze ont été couvertes, par conséquent plus de 90 % du territoire », a-t-il informé. Il a, en outre, souligné la difficulté de l’opérateur, notamment Excaf Télécom, à finaliser le projet. « 876.000 décodeurs devraient être mis à la disposition des populations. Actuellement, nous en sommes à peu près à 360.000 », avoue M. Kane qui soutient qu’au vu des problèmes rencontrés par l’opérateur, le Premier ministre a mis en place une Task force pour réfléchir sur les solutions à adopter pour l’effectivité de la Tnt.

 

Rareté des fréquences

« Nous venons d’élaborer la stratégie Sénégal numérique qui a été budgétisé à hauteur de 1.300 milliards de FCfa avec une participation importante du secteur privé », a indiqué le ministre.

 

Un projet où le partenariat public privé est mis en avant pour la mobilisation des ressources. L’économie numérique étant une alternative pour un développement économique, illustre ce dernier, le pays, à travers ce projet de numérisation, veut faire le secteur un levier de croissance économique. Autre problème soulevé au cours de cette rencontre, la rareté des fréquences qui font l’objet d’une forte demande. En effet, ce conclave est une occasion pour les experts et les pouvoirs publics pour réfléchir sur les mécanismes et les stratégies à mettre en place pour une gestion efficace et efficiente des ces ressources, mais également leur utilisation optimale pour offrir aux populations des services internet à haut débit et à moindres prix. D’où la nécessité de la mise en place d’un cadre juridique et réglementaire pour leur gestion harmonisée.

 

« Les Technologies de l’information et de la communication (Tic) de demain devront assurer la mobilité, la flexibilité et la couverture nécessaire des usagers pours qu’ils soient immergés dans un environnement de connectivité égalitaire », a soutenu le directeur de l’Artp, Abdou Karim Sall. Des infrastructures correspondantes qui, selon lui, ne pourront être mis sur pied que si le spectre de fréquences radioélectriques est disponible et est utilisé suivant les modalités des nouvelles planifications et de gestion optimale. En effet, dans un environnement très concurrentiel des services de communication, particulièrement l’Internet, la radiodiffusion, la téléphonie mobile entre autres, le directeur de cette Agence de régulation a estimé que la gestion du spectre numérique doit requérir une stratégie globale avec une utilisation rationnelle de ce dernier.

 

Marame Coumba Seck  –  Le Soleil  –