Génocide : les regrets de l’Eglise rwandaise

Des dizaines de milliers de Tutsis avaient été tués à l’intérieur des paroisses, parfois sur instruction des prêtres et des religieuses.

Au Rwanda, l’Eglise catholique demande pardon au cas où certains de ses responsables auraient été impliqués dans le génocide de 1994.

Vingt-deux ans après le génocide, l’Eglise catholique rwandaise n’avait pas officiellement présenté ses excuses pour son rôle dans la planification de ce génocide qui a coûté la vie à environ 800 000 personnes, selon un bilan des Nations unies.

Le mea culpa est contenu dans une lettre consacrée à la clôture du grand jubilé de la miséricorde.

La plupart des médias locaux estiment que les Rwandais ont une raison de célébrer Noël cette année puisque l’Église catholique du Rwanda a admis son rôle dans les tueries de 1994.

Le courrier rappelle qu’un mois après le début du génocide, le pape Jean Paul II était le premier à condamner officiellement les atrocités commises contre les Tutsis.

Il disait à l’époque que les personnes coupables des massacres seraient responsables devant Dieu et l’histoire.

Le Vatican maintient cependant que les prêtres, les évêques, les archevêques et les autres autorités religieuses, qui auraient tué pendant la crise, n’agissaient pas sous les ordres de l’Eglise catholique.

« Affronter la vérité »

En faisant référence à une rencontre avec le pape Benoît XVI en 2005, le souverain pontife a exhorté les évêques du Rwanda à « affronter la vérité en face », un sujet sensible dans les relations avec la hiérarchie de l’Eglise depuis plusieurs années.

En Avril 2014, le pape François a demandé à ses évêques de se rapprocher du gouvernement de Kigali pour aider les Rwandais à ne pas retomber dans les travers du génocide et ce que cela pourrait avoir comme conséquences.

En 2000, la conférence épiscopale du Rwanda avait déjà demandé pardon pour les violations des commandements de Dieu.

C’était à l’occasion du centenaire du christianisme dans ce pays.

Les responsables de la conférence épiscopale rwandaise faisaient essentiellement allusion au meurtre et à la haine, insistant toujours sur le fait que l’Eglise n’avait cependant pas commandité de crime.