Foncier en Afrique : L’application de la Déclaration de l’UA en marche

L’agriculture emploie 65% de la population active en Afrique et représente 32% du produit intérieur brut du continent, a estimé la Banque mondiale. Face à l’enjeu, l’UA a élaboré une déclaration commune sur le foncier dont l’Initiative sur les politiques foncières (IPF) va évaluer et suivre de près l’application.

 

L’Initiative sur les politiques foncières (IPF), un programme conjoint de la Commission de l’Union africaine, de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) et de la Banque africaine de développement (BAD), a entamé un projet pilote pour suivre les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la Déclaration de l’UA sur les problèmes et enjeux fonciers en Afrique. En collaboration avec l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (Ifpri), le projet évaluera les progrès réalisés dans la mise en œuvre des principales décisions et des engagements de la Déclaration de l’UA sur le foncier aux niveaux continental, régional et national. L’information a été communiquée début mars par la CEA.

 

En effet, «le projet pilote sur le suivi et l’évaluation élaborera une base de référence détaillée qui servira de cadre de suivi des progrès accomplis dans la mise en œuvre des décisions clés de la Déclaration de l’Union africaine sur le foncier, suivre les progrès accomplis aux niveaux continental, régional et national depuis le lancement de la mise en œuvre de la Déclaration, documenter et diffuser les meilleures pratiques et renforcer la capacité à soutenir les efforts faits par les États membres pour assurer un suivi régulier et établir des rapports sur la gouvernance foncière», a précisé la CEA dans son communiqué.

L’initiative intervient dans un contexte où le continent doit repenser et refondre son système foncier pour que les terres agricoles puissent jouer pleinement leur rôle de levier de croissance.

 

La Banque mondiale (BM) estime qu’il coûterait aux pays africains et leurs partenaires au développement, y compris le secteur privé, un montant évalué à 4,5 milliards de dollars, répartis sur dix ans, pour renforcer les politiques et les investissements fonciers. Plus de 90% des terres rurales de l’Afrique sont non documentées, ce qui les rend vulnérables à des acquisitions injustes et à l’expropriation avec une mauvaise compensation. De la même manière, la taille des terres agricoles en Afrique est d’environ 1 milliard d’hectares, répartis entre les diverses sous-régions comme suit : 26% pour l’Afrique de l’Est, 24% pour la région ouest, 21% au nord alors que le sud et le centre du continent ont respectivement 15% et 14% des terres cultivables, selon la BAD. En Afrique, il y a environ 33 millions de petites exploitations de moins de deux hectares, représentant 80% de toutes les exploitations agricoles dans le continent, d’après les chiffres de la FAO.

 

MAIMOUNA DIA    –  Les Afriques –