Entre les deux Congo, un énorme puits de carbone mis au jour

La transformation de ce carbone à des fins agricoles, pétrolières ou minières aurait des conséquences environnementales très lourdes, ont alerté les auteurs d’une étude publiée dans la revue Nature mercredi.

 

30 milliards de tonnes de dioxyde de carbone équivalant à 20 années d’émissions aux États-Unis, c’est la quantité colossale de carbone piégée dans une tourbière dont l’ampleur a été découverte puis précisée par des images satellites et des expéditions sur le terrain, a fait savoir l’équipe scientifique internationale dans un article publié dans la revue Nature.

 

Le puits en question s’étend sous la région dite de la Cuvette centrale, en plein Bassin du Congo, le deuxième massif forestier du monde à cheval entre plusieurs pays d’Afrique centrale, du fleuve Congo au Congo-Brazzaville, jusque dans l’ouest de la République démocratique voisine.

 

La zone humide, écologiquement si précieuse car formée par la décomposition de végétaux sur une période de plusieurs milliers d’années, s’étend sur 55 000 mètres carrés et est d’une profondeur de six mètres.

 

30% du dioxyde de carbone des tourbières tropicales

 

La plupart des tourbières, qui recouvrent environ 3% des superficies terrestres émergées, sont situées dans le nord du globe, en Sibérie, au Canada ou en Alaska par exemple. Elles sont plus rares en zone tropicale, et celle découverte dans le Bassin du Congo pourrait être la plus importante des tropiques et regrouper 30% du dioxyde de carbone des tourbières tropicales.

 

Sa transformation à des fins de production alimentaire ou d’extraction minière pourrait être catastrophique, s’est alarmé l’un des auteurs de l’étude, Simon Lewis, professeur à l’Université de Leeds en Angleterre.

 

« On a observé en Asie du sud-est que des espaces similaires ont été asséchées et converties à la production d’huile de palme et aux plantations de riz, ce qui a eu pour conséquence des émissions massives de dioxyde de carbone », a-t-il indiqué à Reuters.

 

Benjamin Polle   –  Jeune Afrique –