Égypte : la justice annule la peine de mort de l’ex-président Morsi

En juin dernier, l’ex-président Mohammed Morsi a été condamné à la prison à vie pour le vol de «documents relevant de la sécurité nationale» et leur livraison au Qatar.

La Cour de cassation a ordonné la tenue d’un nouveau procès contre l’ancien président, déjà condamné dans trois autres affaires, pour son rôle dans des évasions massives de prison et des attaques visant la police lors de la révolte de 2011.

Il avait été condamné à mort en juin 2015. La Cour de cassation égyptienne a annulé mardi la peine prononcée contre l’ancien président Mohammed Morsi prononcée dans un dossier concernant des évasions massives de prison et des attaques contre la police durant la révolte de 2011 qui avait chassé Hosni Moubarak du pouvoir. La justice réclame par ailleurs la tenue d’un nouveau procès devant une cour criminelle. Les peines visant 25 de ses coaccusés, parmi lesquels figure l’ancien guide suprême des Frères musulmans, Mohamed Badie, ont également été annulées. Dans ce même procès, près d’une centaine d’autres personnes avaient aussi été condamnées à la peine capitale par contumace, mais celles-ci ne sont pas concernées par l’annulation.

 

«Le verdict en première instance était marqué par des vices juridiques.»

L’avocat Me Abdel Moneim Abdel Maqsoud.

Mohammed Morsi, âgé de 65 ans, reste incarcéré à la prison de Borg-el-Arab, près d’Alexandrie. «Il va enlever l’uniforme rouge» des détenus condamnés à mort, se félicite l’un de ses avocats, Me Abdel Moneim Abdel Maqsoud. «Le verdict en première instance était marqué par des vices juridiques, donc on s’attendait à cette décision de la Cour de cassation», a-t-il précisé. La décision marque une première grande victoire pour l’ancien président islamiste, qui mène depuis trois ans un véritable marathon judiciaire.

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Plusieurs procès ont été intentés contre l’ancien président islamiste. Fin octobre, la Cour de cassation avait au préalable confirmé les 20 ans de prison prononcés contre l’ex-chef d’État pour incitation au meurtre de manifestants. Dans une autre affaire, visant cette fois des accusations d’espionnage au profit du Hamas, l’ex-président a été condamné en première instance à la prison à vie, soit 25 ans d’emprisonnement. La Cour doit se prononcer mardi prochain sur cette affaire. Mohammed Morsi a écopé d’une autre condamnation à vie en juin dernier. En cause: le vol de «documents relevant de la sécurité nationale» et leur livraison au Qatar. Dans ce dernier cas, la procédure d’appel sera étudiée à partir du 27 novembre. Une nouvelle condamnation pourrait aussi suivre. L’ex-président doit être jugé pour «outrage à magistrat» après avoir reproché à un juge d’avoir «couvert des fraudes électorales» lors des législatives de 2005.

Mohammed Morsi a été destitué en juillet 2013. Depuis cette date, la confrérie des Frères musulmans dont il est issu fait l’objet d’une répression féroce. Plus de 1400 manifestants pro-Morsi seront tués dans les mois suivants la destitution, 15.000 autres emprisonnés et des centaines condamnés à mort. Cette vague de répression suscite encore de nos jours certaines rancœurs tenaces. Début novembre, un juge égyptien arbitrant l’un des procès Morsi a échappé à l’explosion d’une voiture piégée au Caire.

Le Figaro (Avec agences)