Douala propose des réductions d’impôt pour dynamiser sa bourse

Pour toute société qui émet des titres sur la bourse de Douala, le gouvernement camerounais propose une réduction à 25% de l’impôt sur les bénéfices. Cette mesure contenue dans le projet de loi des finances 2017, incitera les entrepreneurs et businessmen à s’intéresser à la bourse camerounaise.

L’un des objectifs du gouvernement camerounais est de faire de sa bourse une plate-forme financière internationale de poids. Dans cet ordre d’idées, le pays se propose un ajustement fiscal en faveur des entreprises émettrices de titres sur la bourse de Douala, la Douala Stock Exchange (DSX, ndlr). Selon le document du projet de loi des finances, l’impôt sur les bénéfices des sociétés concernées est réduit à 25%. Cette nouvelle mesure soumise aux parlementaires pour étude et adoption vient réformer une précédente mesure d’encouragement qui offrait déjà un taux dérogatoire d’impôts sur les gains des sociétés de 30% pour celles qui effectuent un emprunt obligataire sur la DSX.

 

A en croire les autorités gouvernementales, ces mesures répondent à l’ambition de moderniser et de rendre plus clair le mode de financement des entreprises. Aussi, d’un autre côté, on peut penser que le gouvernement a à cœur d’encourager les sociétés à envisager des solutions de mobilisation des ressources de long terme, en bourse. Des ressources qui sont généralement difficiles à obtenir dans le contexte de la réglementation bancaire qui prévaut en Afrique centrale.

 

La DSX, encore embryonnaire, doit grandir

 

Les mesures incitatives du gouvernement camerounais, au-delà de l’ambition de fournir plus de possibilités aux sociétés, ont pour principe de faciliter l’éclosion de la place financière de Douala. Plus les sociétés cotées sont grandes et dotées de gros chiffres d’affaires et de business diversifié, plus la bourse sera imposante et reconnue. Et mieux encore la croissance économique du pays en bénéficie.

 

Pourtant, à ce jour, la DSX peine à pénétrer la famille très réservée des grandes places financières. Encore cette semaine, la DSX comptait seulement 8 représentations. 3 sociétés dans son chapitre des actions avec une capitalisation boursière de 147,2 milliards de Fcfa et 5 structures dans le compartiment obligataire pour une capitalisation boursière de 251,16 milliards de Fcfa.

 

En effet, malgré ces cadeaux fiscaux offerts par le gouvernement, la DSX tarde encore à devenir une place financière de poids, comme l’est devenue aujourd’hui la BRVM, basée à Abidjan.

 

La nouvelle de la loi d’ajustement fiscal concernant les 25% intervient alors que le gouvernement fait face à une polémique due à son retard de soumission du projet de loi des finances au parlement. Celui-ci devrait être déposé depuis fin octobre mais n’a pu être soumis que 15 jours plus tard. A l’ouverture de la session qui lui est consacrée le document n’était pas encore en possession du Président de l’Assemblée nationale. A l’heure actuelle on parle encore du vote de certaines mesures au futur, alors qu’elles sont censés être dans le document.

 

Le nouveau budget du Cameroun devra connaître une augmentation de 139,1 milliards de Fcfa pour s’établir à 4378,8 milliards de Fcfa. Une progression de 3,1 %.

 

Par Emmanuel Atcha   – La Tribune –