Dorsale Transsaharienne à fibre optique : 44 millions d’euros pour le tronçon nigérien

Le conseil d’administration de la BAD vient d’approuver un prêt de 31,4 millions d’euros conjugué à un don de 12,5 millions d’euros en faveur de la République du Niger. Une ligne de crédit qui sera alloué au tronçon nigérien de la Dorsale Transsaharienne à fibre optique. Un « pipeline » à haut débit qui devrait traverser le Tchad, l’Algérie et le Nigéria, pour faire des TIC un véritable relais de croissance dans la région. Un projet qui devrait être livré en 2020 selon les estimations de la BAD

La Banque africaine de développement (BAD) vient de valider un prêt de 31,4 millions d’euros adossé à un don de 12,5 millions d’euros à la République du Niger. Cette enveloppe sera dédiée au financement de la composante nigérienne du projet de la Dorsale Transsaharienne à fibre optique (DTS). Un réseau qui devrait également arroser le Niger, le Tchad, l’Algérie et le Nigéria. Ce qui permettra à terme de consolider les interconnexions avec les pays limitrophes de la DTS, notamment le Bénin et le Burkina Faso. Une fois fonctionnel ce réseau renforcera l’accès au haut débit permettant de garantir un débit de qualité à des tarifs réduits, pour les populations comme les entreprises nigériennes et tchadiennes.

Hausse de la pénétration et baisse des tarifs

Le DTS devra couvrir un tracé de 1.510 km de fibre optique entre le Tchad et le Niger, puis reliera ce dernier à l’Algérie et le Nigéria avec des interconnexions avec le Burkina Faso et le Bénin. Pour la BAD, ce projet permettra de mettre en place de nouveaux canaux qui auront pour mission de renforcer la capacité d’échange de données informatique. Le DTS devrait également avoir un impact sur le tarif d’Internet qui devrait baisser de moitié selon la BAD, qui s’attend à un effet de levier sur l’économie numérique de la sous-région.

Ce projet devrait être livré en 2020. La BAD s’attend à doubler le taux de pénétration des services internet, qui devrait passer de 15 à 30% au Niger, une fois le DTS opérationnel. Les experts de la banque panafricaine table également sur un renforcement de la part des TIC (technologies de l’information et de la communication) dans le PIB du Niger de 2,5% actuellement à 5% en 2020. S’y ajoutent le potentiel en terme de diversification économique et de création d’emplois notamment en faveur des jeunes diplômés.

Objectif e-gov et création d’emplois

Le « pipeline » de fibre optique sera par ailleurs, renforcé par le déploiement de centres de données, l’installation de plateformes d’administration électronique ou encore par la mise en place de Systèmes intégrés de gestion de l’identification électronique des personnes (SIGIEP). L’installation de ces unités vise à faciliter le développement de l’e-administration dans les pays servis par le DTS, de manière à renforcer l’efficacité des services public et leur accessibilité dans les régions rurales.

Ce chantier qui rentre dans le cadre des priorités opérationnelles adoptées par la BAD pour sa stratégie 2013-2022 est marketé en tant que vecteur de cohésion territoriale et sociale. En effet, en plus d’accélérer l’éclosion d’un réel secteur TIC dans la région, le projet inclus un appui aux établissements d’enseignement supérieur ou encore un soutien à l’autonomisation des femmes. En 3 ans, ce sont pas moins de 800 étudiants nigériens qui seront formés à la fibre optique et près de 20.000 femmes recevront des modules de formation en TIC et entrepreneuriat.

 Par Amine Ater    – La Tribune –