Donald Trump élu président par le collège électoral

Malgré d’ultimes efforts déployés par les anti-Trump, l’instance ne s’est pas retournée contre le président-élu.

Le miracle espéré par les anti-Trump ne s’est pas produit. Le collège électoral, chargé formellement d’élire le président des États-Unis, a officiellement sacré le milliardaire républicain 45e président des États-Unis, lundi 19 décembre. Résultat final du vote : 304 « grands électeurs » pour Donald Trump et 227 pour Hillary Clinton. Mike Pence, colistier du futur président, a pour sa part bien été élu vice-président.

D’ordinaire discret, le vote du collège électoral, qui se déroule dans chaque État, était vu par les opposants à Donald Trump comme la dernière chance pour empêcher son accession au pouvoir. Ils avaient besoin de 37 défections côté républicain pour renverser le vote. En effet, à l’issue du vote populaire mardi 8 novembre, Donald Trump était crédité de 306 grands électeurs contre 232 pour l’ancienne Première dame. Pour être élu président, un candidat doit obtenir au moins 270 grands électeurs.

Plus de défections dans le camp démocrate

Malgré les appels de personnalités de Hollywood et de nombreuses pétitions demandant aux grands électeurs de voter pour Hillary Clinton, créditée de 2,8 millions de voix de plus que son adversaire au vote populaire national, il y a eu peu de signes de rébellion au sein de cette instance de 538 membres, contraints de voter par loi ou tradition pour le candidat qui a reçu le plus de voix dans leur État. Seuls deux grands électeurs républicains du Texas n’ont pas voté pour Donald Trump, mais pour le libertarien Ron Paul et l’ancien candidat républicain et gouverneur de l’Ohio John Kasich.

Pire pour Hillary Clinton, ce sont même les démocrates qui ont enregistré le plus grand nombre de défections. Dans l’État de Washington (nord-ouest des États-Unis), trois grands électeurs ont voté pour l’ancien Secrétaire d’État républicain Colin Powell, et un autre pour la leader d’une tribu amérindienne impliquée dans l’opposition au projet controversé de pipeline Keystone XL. Un autre électeur, à Hawaï, a voté pour l’ancien rival d’Hillary Clinton à la primaire démocrate Bernie Sanders.

Enfin trois grands électeurs démocrates, dans le Maine, Colorado et le Minnesota, ont également tenté de voter pour quelqu’un d’autre, mais ont été sommés de voter pour Hillary Clinton sous peine d’être remplacés. Leur vote se voulait un geste de protestation contre le collège électoral, non pas contre l’ancienne secrétaire d’État.

Une intense campagne anti-Trump

Ces dernières semaines, certains grands électeurs républicains ont indiqué avoir été la cible d’une avalanche d’appels téléphoniques et d’e-mails, parfois menaçants, de la part d’individus et d’associations pour les inciter à changer de bord. Cette campagne de « Dump Trump » (« Laissez tomber Trump ») s’est intensifiée début décembre après la révélation d’une évaluation secrète de la CIA estimant que la Russie avait favorisé l’élection du républicain à la suite d’une campagne de hacking.

Dans certains États, le vote s’est déroulé sur fond de manifestations, comme dans le Michigan ou le Kentucky, où des opposants à Donald Trump s’étaient rassemblés par centaines pour appeler les grands électeurs à « voter en conscience ». Les résultats seront entérinés le 6 janvier par le Congrès américain.

Alexis Buisson (à New York)   – La Croix –