Les dix pays africains les mieux intégrés au commerce international

« Le libre-échange reste le moteur le plus puissant du développement économique et social mondial. Aujourd’hui, le défi pour les dirigeants est de faire face au protectionnisme, mais ils ont également l’obligation de faire du commerce une source permettant une croissance inclusive ». Cette relation entre développement et intégration dans le commerce international est faite ici par le président et fondateur du World Economic Forum (WEF), Klaus Schwab à l’occasion de la sortie du rapport bisannuel, l’Enabling Trade Index (ETI), étudiant les pays qui facilitent le commerce international. L’ETI, livré par l’organisateur du Forum économique de Davos (Suisse), dresse un panorama des échanges commerciaux mondiaux en analysant les performances de 136 économies notamment sur leur intégration et leur ouverture aux marchés intérieurs et extérieurs. Voici les dix pays africains les mieux intégrés au commerce international.

Le rapport se penche sur les institutions publiques, les infrastructures, la politique et les facilités offertes dans le commerce avec le marchés intérieurs et étrangers. Dix pays africains s’illustrent comme les figures de proue continentales en matière de facilitation, d’intégration et d’ouverture dans le commerce international.

1-    L’Ile-Maurice

Le premier pays africain est un habitué des classements internationaux où elle brille souvent comme le meilleur élève continental. Cette fois-ci, en dépit d’une dégringolade de 10 places, l’Ile-Maurice loge à 39è place et reste toujours le premier de la classe en Afrique. Le WEF loue sa facilité d’accès au marché (domestique et international) et l’efficience et la transparence de barrières administratives. L’Ile-Maurice peut s’appuyer sur un climat des affaires performant et sur un secteur bancaire efficace qui font sa réputation de paradis fiscal.

L’élève traîne cependant des lacunes dans les délais et procédures d’importation dus à sa dépendance au transport international. Les autres défis se retrouvent dans la difficulté à identifier les clients et les coûts des transports de marchandises à l’exportation.

2-    Maroc

Ces dernières années, le pays maghrébin a multiplié la construction d’infrastructures portuaires, de plateformes offshores et le positionnement de Casablanca en tant que hub financier régional. Une stratégie payante au regard des entreprises étrangères de tout secteur et de tout calibre qui se bousculent pour une installation dans le pays. Résultat, précédemment logé à la 52è place, le Royaume du Maroc grimpe de 3 places dans le classement pour se retrouver à la 49è place. Un rang que le Maroc doit à l’ouverture de son marché au commerce et aux efforts dans la limitation des barrières non tarifaires.

Des efforts restent à faire dans le domaine des infrastructures mais également sur l’accès aux finances et la compétitivité des prix à l’importation.

3-    Le Rwanda

A peine remis du génocide de 1994, le Rwanda fait cap vers de la diversification économique. A la manœuvre, le président Paul Kagamé veut multiplier les partenaires économiques du pays et surtout le positionner sur la carte commerciale du monde. Le pays est bien pourvu en coltan mais compte mettre à l’export les produits issus de son agriculture. Il ferme la marche du Top 50 mondial des pays les mieux intégrés dans le commerce international grâce notamment grâce à son marché intégré et à la transparence dans la gestion administrative.

Ses tendons d’Achille : une trop grande dépendance au commerce international, les barrières tarifaires et non tarifaires mais aussi accès au finances.

4-    Afrique du Sud

A la faveur de sa 55è place au classement du WEF, l’Afrique du Sud est propulsée à la quatrième place du continent. Avec un sous-sol riche et une position géographique favorable sur la carte des routes commerciales, le pays de Mandela s’est ouvert au commerce depuis la fin de l’apartheid. Tout de suite après, l’Afrique du Sud s’est appuyé sur sa puissance industrielle de transformation pour amorcer une dynamique d’exportation attirant par la même occasion, des entreprises étrangères.

Même si le WEF voit dans cette force commerciale, un atout majeur, le pays subit les impacts du transport et se prive de beaucoup avec ses barrières (tarifaires ou non) et un déficit en capacité technologique et de production.

5-    Botswana

Ce ne sont pas seulement les diamants qui scintillent à Gaborone, la capitale botswanaise. Si l’essentiel de l’économie du pays est tourné vers les services, le pays exporte des produits miniers et dispose d’une administration efficace tout en appliquant une tolérance zéro pour la corruption qui en fait un des modèles économiques du continent. Dans l’indice ETI 2016, il se retrouve à la 65è place sur les 136 présents au classement.

Le pays est impacté par les retards de livraison de marchandises car dépendant du transport international mais aussi par sa difficulté à se conformer aux standards internationaux.

6-    Namibie

Tout comme les pays frontaliers, c’est au gré des ressources du sous-sol que les échanges commerciaux évoluent. Le pays possède un marché ouvert et attire beaucoup d’entreprises étrangères pour l’extraction, la transformation et l’exportation des matières premières. La Namibie loge à la 75è place des marchés les plus ouverts au commerce international.

Il doit donc faire des efforts au niveau des barrières tarifaires et non tarifaires, au niveau des procédures à l’importation et à l’accès au marché financier.

7-    Kenya

Avec un sous-sol peu riche, le Kenya a vite fait de se tourner vers l’agriculture, un des secteurs clés de l’économie du pays. Si le secteur agricole a permis d’atteindre l’autosuffisance en denrées alimentaires, il est aussi le levier de l’exportation de thé et de café sur lesquels le Kenya travaille sur de nouvelles espèces. Le pays est logé à la 77è place dans l’indice ETI 2016 pour son environnement opérationnel et son accessibilité au marché international.

Petits bémols sur les risques de corruption aux frontières dus aux barrières tarifaires, à l’accès au marché financier et à l’inadéquation entre le rapport qualité/prix.

8-    Lesotho

Territoire entièrement enclavé à l’intérieur de l’Afrique du Sud, l’économie du Lesotho dépend presque entièrement de celle de son voisin, ses échanges extérieurs aussi. A la 80è place du classement que ce petit pays pauvre doit à ses échanges avec son voisin d’Afrique australe. De quoi se faire remarquer du WEF pour son ouverture aux marchés.

Mais la lourdeur des procédures à l’importation, la corruption dénoncée aux frontières, l’accès difficile au marché financier et l’identification de partenaires commerciaux constituent les points faibles du Lesotho.

9-    Ouganda

Producteur de café, de canne à sucre, de coton et subsidiairement de pétrole, l’économie ougandaise est essentiellement tournée vers l’agriculture. Ce sont ces produits que le pays exporte et que les acteurs du commerce viennent chercher. L’Ouganda pointe à la 84è place du tableau des 136 pays de l’ETI grâce à son ouverture au marché extérieur et à la disponibilité et à la qualité de ses services de transport.

Le hic se trouve au niveau du temps des procédures d’importation, aux barrières tarifaires et au rapport qualité/quantité.

10-    Tunisie

C’est la Tunisie qui clôt ce TOP10 continental. Elle occupe la 91è place mondiale pour l’ouverture de son marché intérieur et la qualité de ses services technologiques.

Mais le pays nord-africain devrait réviser la qualité de ses infrastructures et celle de ses moyens de transport. Il faudra aussi faire des efforts au niveau de la compétitivité des prix à l’import et à l’export et au niveau des barrières tarifaires.

Par Ibrahima Bayo Jr.      – La Tribune –