Dangote lance une usine d’assemblage de camions à 100 millions de dollars

L’appétit de l’homme le plus riche d’Afrique ne s’altère pas. Après les secousses causées par la récession au Nigeria, le groupe Dangoté vient de lancer, en partenariat avec un mastodonte industriel chinois, une nouvelle usine d’assemblage de camions pour un investissement de 100 millions de dollars.

L’ogre nigérian s’allie aux chinois pour un mégaprojet à Lagos. Dangote Group of Companies vient d’annoncer la mise en place d’une usine d’assemblage de camions de 100 millions de dollars à Lagos. Une démarche qui s’inscrit, selon la communication officielle du groupe, dans le cadre de « ses efforts visant à stimuler les échanges et la création d’emplois dans le pays ». La nouvelle unité de production située à Ikeja, a une capacité de production de 10.000 camions par an et devrait créer quelques 3.000 emplois. D’ailleurs, l’un des avantages que cette usine donne au pays, c’est que les réserves de changes du pays, déjà impactées par la baisse du prix du pétrole, seront préservées puisque les opérateurs économiques du pays ne seront plus obligés d’importer des camions. Mieux encore, le Groupe prévoit, naturellement, qu’une bonne partie de la production de la nouvelle usine d’assemblage sera destinée aux marchés régionaux et internationaux.

SINOTRUK, un allié de taille

L’accord du montage de l’usine a été signé en mai 2014 en Chine avec l’entreprise publique chinoise, Heavy Duty Truck Company Limited, (SINOTRUK). Selon la presse nigériane, l’usine est détenue à 60 % par Dangote Group, à travers sa filiale Dangote Industries Limited, et 40 % par la SINOTRUK. Il faut dire que la coopération entre les deux entreprises n’est pas nouvelle. Le Groupe Dangote est un fidèle client de l’entreprise chinoise. Une bonne partie de sa flotte estimée à 10.000 camions qui distribuent les produits de ses autres filiales, comme le ciment, le sucre, la farine et les pâtes, entre autres, est constituée de véhicules « made in China ».

Rien qu’en 2014, Dangote Group a importé 12.000 camions de Chine. Il faut dire que le carnet de commande du géant chinois reste fourni malgré une conjoncture difficile. En 2016, et malgré la diminution de la demande intérieure et à l’étranger, Sinotruk a encore sécurisé des commandes de 176 000 véhicules, en hausse de 9,94% par rapport à l’année précédente. Ainsi, les revenus de SINATRUCK provenant des ventes à l’étranger ont atteint 9 milliards de yuans (1,45 milliard de dollars), soit environ 13% du total. De plus, le géant chinois a développé des partenariats techniques stratégiques avec de grandes marques internationales telles que Steyr en Autriche et Mann en Allemagne, ce qui lui a permis de pénétrer les principaux marchés mondiaux.

D’autres projets à venir…

Cette nouvelle usine n’est pas le seul mégaprojet sur lequel mise Dagote. Plus tard cette année, il inaugurera une raffinerie, ainsi que des usines pétrochimiques et d’engrais à Lagos qui ont nécessité un investissement de 17 milliards de dollars pour une capacité de 650.000 barils par jour. Elle opérera à Lagos, au cours des deux prochaines années et créera, elle aussi, plus de 300.000 emplois directs et indirects au premier trimestre de 2019. D’ailleurs, cet investissement nécessiterait une commande de camions pour la distribution des produits.

Par Mehdi Lahdidi  – La Tribune –