Le dangereux alibi de l’utilisation d’armes chimiques ! (par Mamadou Bamba Ndiaye)

L’organisation Amnesty International a publié un rapport, le 29 septembre 2016, dans lequel elle accuse la République du Soudan d’avoir fait usage d’armes chimiques contre les populations de Jabal Marra, au Darfour, dans la période allant de janvier à septembre 2016. Pour étayer ses fausses allégations, Amnesty a brandi des cartes géographiques, des photos satellitaires et de prétendus témoignages, recueillis par téléphone ! Ce n’est point un hasard que tous ces documents fabriqués soient publiés pendant le déroulement des festivités marquant la fin de mission de l’Autorité transitoire, conformément aux dispositions de l’Accord de Doha signé, entre le Gouvernement du Soudan et la plupart des mouvements armés, coïncidant ainsi avec la clôture du Dialogue national inclusif, devant inaugurer une nouvelle ère dans l’histoire politique du pays.

 

En effet, le prétendu rapport d’Amnesty International est manifestement partisan. Il met à nu le manque d’objectivité qui a également caractérisé son rapport de 2003, cautionnant l’attaque que les mouvements rebelles avaient perpétrée contre l’aéroport d’Al Fashir, de même que ceux de 2012 et de 2014, où l’organisation défendait l’idée de la création d’une commission d’enquête pour statuer sur ce qu’elle appelait-fallacieusement- des violations des droits de l’homme et des crimes de génocide, en recommandant la généralisation de l’embargo sur les armes, qui frappait déjà le Darfour !

 

Curieusement, il se trouve au Darfour une mission conjointe des Nations-Unies et de l’Union africaine, forte de 20 mille hommes, des militaires et des civiles, chargée, entre autres, de veiller à la protection des populations et d’empêcher toute violation des droits de l’homme ou de génocide. Cette mission hybride(Unamid) adresse régulièrement des rapports au Conseil de Sécurité, sans jamais mentionner des soupçons quant à l’utilisation des armes chimiques !

 

Mieux, un de ses rapports précise que la mission de l’Unamid n’a jamais remarqué sur les habitants de la localité en question, des traces ou des symptômes indiquant l’utilisation des armes chimiques à leur encontre…

 

En outre, les Etats-Unis d’Amérique ont dépêché sur le terrain un envoyé spécial, en l’occurrence M. Donald Booth. Ce dernier a produit un rapport circonstancié qui n’a fait aucune allusion aux allégations d’Amnesty International. Pourtant, M. Booth a visité plusieurs camps de réfugiés et rencontré des personnes déplacées et des membres de l’administration.

 

Pour sa part, le Chef de l’Unamid a tenu des réunions avec les mouvements rebelles et aucun d’entre eux n’a évoqué l’usage d’armes chimiques au Darfour notamment à Jabal Marra. Les nombreuses incohérences notées dans les documents fournis par Amnesty International dépouillent sa thèse de toute crédibilité. L’analyse scientifique des éléments produits a également permis de déceler la fausseté de ces simulacres de preuves.

 

La Province du Centre de Darfour, dotée d’infrastructures sanitaires fonctionnant selon des normes agréées par l’Organisation mondiale de la Santé et d’un système d’alerte précoce est en mesure de détecter et de signaler les moindres indices relatifs à l’utilisation d’armes chimiques dans la zone. Plusieurs cas d’accouchement naturel ont été enregistrés dans ces structures de santé, sans qu’il n’y ait le plus petit indice ou symptôme prouvant l’utilisation d’armes chimiques.

 

Démenti international : Le meilleur démenti à ces allégations mensongères est venu d’Allemagne, où le Quotidien Die Tags Spiegel de Berlin, dans son édition du 1 er novembre 2016, relate que le gouvernement allemand aurait émis des doutes sérieux sur les allégations d’Amnesty International, relatives à l’utilisation d’armes chimiques au Darfour ; rappelant que, dans un précédent rapport, Amnesty International faisait état de 33 cas attestant l’utilisation d’armes chimiques de trois catégories différentes au Darfour. Cette assertion a été battue en brèche par la déclaration du Secrétaire d’Etat allemand aux Affaires étrangères, M. Markus Eder, en réponse à l’interpellation d’un député vert du Parlement allemand.

 

Avant ce démenti, le gouvernement soudanais avait publié, pour sa part, un autre démenti cinglant, réfutant toutes les allégations contenues dans le rapport tendancieux d’Amnesty International.

 

Comment le Soudan compte-t-il régler le problème de l’exclusion

 

Les acteurs de la vie politique soudanaise, les mouvements armés ainsi que les personnalités et membres de la société civile ont décidé de tenir un dialogue national inclusif sur l’initiative du Président de la République, S.E.M. le Maréchal Umar Hassan Ahmad El Bachir. Y ont pris part 89 partis politiques, 36 mouvements armés en plus des représentants de la Société civile et des personnalités d’envergure nationale. Le dialogue s’est déroulé dans l’enceinte de la salle de l’Amitié à Khartoum. L’objectif était de réfléchir ensemble sur les grands défis et les menaces dont le Soudan est aujourd’hui confronté. Il s’agit notamment de : l’identité nationale, la paix, l’unité nationale, les libertés et les droits fondamentaux, l’économie, les relations internationales et le bon voisinage ainsi que la problématique de l’exercice du pouvoir…

L’identité nationale : Il s’agit de réaffirmer avec force, l’appartenance à la patrie dans ses multiples dimensions culturelles, ethniques, historiques et géographiques. Cette appartenance plurielle transcende les clivages étroits (de sexe, de tribu, de secte et de d’écoles juridiques). Une telle appartenance inclut l’acceptation de la pluralité, de la diversité et de la différence et vissera à transmettre à la nouvelle génération le sens de notre identité nationale, la manière de la conserver en la fortifiant.

Les libertés et les droits fondamentaux :

La liberté est un don de Dieu, une responsabilité éthique et nationale.

Elle se traduit d’abord, par l’adoption d’une constitution émanant du peuple et exprimant la volonté du peuple. Cette rubrique englobe les libertés de pensée et de culte. L’exercice de la liberté se fait à travers la shoura et la démocratie via un pluralisme des partis politiques. Ces principes ne peuvent être sauvegardés que dans le cadre d’un Etat de droit où régneront l’équité, le patriotisme, l’égalité parfaite entre tous les citoyens.

La Paix et l’Unité nationale : L’unité nationale constituera le socle fondamental d’une paix durable, sans laquelle il n’y aura pas de développement. Pour y arriver, l’ensemble des fils du pays devront s’engager à bannir la violence et tourner résolument vers le règlement de tous leurs différends par le dialogue et la concertation. Une culture de la paix et de la tolérance devra être inculquée aux citoyens, dès leur bas âge. La femme, point focal de la société émergente, sera au cœur des préoccupations prioritaires aux côtés de l’enfant qui représente l’avenir de la nation.Une telle ambition ne pourrait se réaliser en dehors de l’existence d’une société civile forte et responsable.

Dans cette nouvelle dynamique, l’Etat est ten u d’œuvrer pour l’impulsion de l’économie du pays, qui passera par une bonne gestion des ressources naturelles et une bonne répartition des richesses qui en découlent. La production nationale sera soutenue afin de garantir sa compétitivité au niveau mondial.

Relations internationales : Une politique étrangère équilibrée sera élaborée en vue de promouvoir une coexistence pacifique, sur la base d’un respect mutuel et d’un échange réciproquement avantageux. L’Afrique sera au cœur de toute coopération bilatérale, conformément aux recommandations des instances du dialogue national.

Enfin, un gouvernement d’unité nationale sera mis en place à l’issue du dialogue national et comprendra les différentes entités politiques ayant pris part au dialogue national.

 

En fin, beaucoup d’observateurs avertis n’approuvent pas l’attitude trop conciliante qu’affiche Amnesty International à l’égard de quelques mouvements rebelles du Soudan, notamment celui d’Abdel Wahid Nour.

 

Nous, au niveau du « Mouvement Pour Une Afrique Debout », exigeons que cessent les ingérences injustifiées des prétendues organisations pour la défense des droits de l’homme et que s’arrête la diabolisation des régimes africains, dans l’unique but de d’affaiblir nos Etats pour s’offrir l’opportunité de dicter leurs lois néocoloniales à nos gouvernants !

 

Mamadou Bamba Ndiaye

 

Ancien Ministre Chargé des Affaires Religieuses

 

Tél : 77 545 85 59

 

Email : ndiabamba1949@gmail.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *