Côte d’Ivoire : le secteur touristique à l’honneur

La croissance économique et la paix sont désormais bien installées en Côte d’Ivoire. Et si les défis de la redistribution et l’inclusion demeurent, le pays devient une destination de plus en plus prisée à l’international et notamment par les vacanciers. Une bonne nouvelle pour le pays d’Afrique de l’Ouest qui vise « l’émergence » en 2020.

Les bonnes nouvelles en provenance de Côte d’Ivoire commencent à faire leur effet. Si de nombreuses personnes conservaient le souvenir de la crise politico-militaire ayant suivi les élections de 2010, les bons résultats économiques ont contribué à modifier significativement l’image du pays à l’international.

La crise postélectorale déclenchée après le refus du président sortant, Laurent Gbagbo, de reconnaître la victoire d’Alassane Ouattara lors du scrutin présidentiel, a coûté 650 milliards de FCFA à ce pays dont le PIB par habitant s’était réduit de moitié entre 1980 et 2010. Les affrontements entre les partisans des deux camps se sont soldés par plus de 3 200 morts et le déplacement de près d’un million de personnes. La Côte d’Ivoire était alors plongée dans une profonde crise politique, économique et humanitaire.

Mais, contre toute attente, la situation du pays a rapidement commencé à s’améliorer. L’arrestation de Laurent Gbagbo en 2011 a laissé à son adversaire, Alassane Ouattara, la possibilité de mettre en œuvre un plan de développement axé sur l’agriculture, la réglementation des affaires et la construction d’infrastructures. En 2012, la Côte d’Ivoire affichait ainsi un très surprenant taux de croissance de 10,7 %. Performance qui s’est répétée en 2013 (+ 9,2 %), 2014 (+ 9 %), 2015 (+ 8,4 %) et 2016 (+ 8,5 %).

Le défi de la croissance inclusive

Pour la Banque mondiale (BM), le «  succès économique  » du pays est «  remarquable  » et devrait permettre à Alassane Ouattara d’atteindre l’objectif qu’il s’est fixé : faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent à l’horizon 2020. Pour cela, prévient la Banque, l’économie devra se maintenir «  sur une trajectoire de croissance forte afin de réduire significativement les inégalités  ».

Selon les chiffres de la BM, «  l’indice de pauvreté a reculé à 46 % en 2015  » contre plus de 51 % en 2011. Les progrès sont donc considérables. Des millions d’Ivoiriens ont vu leurs conditions de vie s’améliorer. Mais si le chef de l’Etat est aujourd’hui confronté aux défis de l’investissement et de la maîtrise de la dette, il devra surtout veiller à ce que la croissance soit suffisamment inclusive pour bénéficier à l’ensemble de la population et permettre une réduction encore plus importante de la pauvreté.

Heureusement, le pays commence à en avoir les moyens. La situation économique, politique et sociale s’est nettement améliorée depuis une dizaine d’années, et le monde commence à s’en apercevoir, comme le démontre le bond spectaculaire enregistré par le tourisme. Selon les informations du journal Jeune Afrique, le secteur qui ne représentait que 0,6 % du PIB au pire moment de la crise politique, atteignait les 4,5 % du PIB en 2014.
Et en 2016, «  le tourisme a apporté 1 543,9 milliards de FCFA en Côte d’Ivoire (2,3 milliards d’euros), un niveau jamais atteint  », se réjouit l’hebdomadaire. Jeune Afrique précise également que «  ce chiffre se situait à plus de 836 milliards FCFA  » en 2015 et annonce que le poids du secteur devrait continuer d’augmenter grâce aux investissements prévus par l’exécutif.

De leur côté, les groupes Accor et Jumia Travel, nouvelles références en matière de réservation d’hôtels en Afrique, placent désormais la Côte d’Ivoire dans le top 5 des «  destinations prisées  » sur le continent. Et selon le Hospitality Report Africa 2017, un rapport réalisé par les deux sociétés, Abidjan fait partie des principales destinations business africaines, ce qui explique l’intérêt croissant des chaînes hôtelières ainsi que l’augmentation du trafic aérien.

Des investissements massifs

Décidé à profiter pleinement du potentiel du pays, le gouvernement ivoirien s’apprête à investir massivement dans le secteur touristique. Il a ainsi annoncé neuf projets phares, dont la construction d’un parc animalier à Jacqueville, l’aménagement du littoral de Port Bouet sur 10 km et le développement d’infrastructures hôtelières sur le littoral sud-ouest, à Assinie, Grand Iahou, San Pedro, Sassandra et Tabou.

«  Notre vision à l’horizon 2020 est de faire du tourisme ivoirien le troisième pôle économique de notre pays avec la prévision d’une population cible de cinq millions de visiteurs par an  », a déclaré le ministre ivoirien du Tourisme, Siandou Fofana, lors d’une rencontre sur les opportunités d’investissements dans le secteur.

Pour choyer ses vacanciers et faire du pays une destination touristique à part entière aux yeux du monde, le gouvernement ivoirien multiplie les initiatives et ne laisse rien au hasard. En témoigne sa récente prise de position au sujet de la protection de la seule espèce vivante de rhinocéros présente en Afrique de l’Ouest et aujourd’hui en voie de disparition. Pas de doute, la Côte d’Ivoire est bien sur le chemin de l’émergence.

 

par laurent cisse  -agoravox –

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