Côte d’Ivoire : Chute de Ouattara, Ahipeaud Martial lance le combat !

Il a sifflé la fin de la récréation. Il, c’est Ahipeaud Martial, premier secrétaire général de l’histoire du puissant syndicat d’étudiants de Côte d’Ivoire, la FESCI. Ce leader politique veut s’en prendre à l’homme fort d’Abidjan, le président Alassane Dramane Ouattara. Les deux hommes se connaissent pour s’être échaudés dans les années 1990.

 

Ahipeaud Martial veut faire partir Ouattara du pouvoir

 

Ahipeaud Martial était le symbole de la lutte estudiantine en Côte d’Ivoire dans les années 1990. À la fin de son mandat à la tête de ce syndicat, il s’était retiré au Royaume-Uni où il a poursuivi des études sanctionnées par un doctorat de l’École des études orientales et africaines de l’université de Londres. Il est membre du Front du Refus, opposition ivoirienne, qui veut faire ravaler sa constitution controversée à Alassana Ouattara.

 

« … Je vous demande encore pardon parce que face à l’histoire, je n’ai pas pu prendre mes responsabilités. Je suis allé à la Haye et lorsque j’ai vu mon jeune frère Blé Goudé, le combattant, j’ai pleuré pendant une heure. Et il m’a dit si tu es dans le combat, les choses vont avancer.», a-t-il affirmé dans le fief du patron du Cojep à Yopougon, devant plusieurs milliers de sympathisants. Blé Goudé, ancien syndicaliste et patron de la jeunesse patriotique de CIV, est détenu dans cette prison de la CPI pour supposé crime contre l’humanité.

 

Ahipeaud Martial qui est le président de l’Union pour le développement et les libertés (UDL) a rajouté : « Aujourd’hui, je suis venu vous dire que c’est maintenant que le combat va commencer. Nous allons le mener jusqu’à ce que Dramane Ouattara quitte le pouvoir et qu’il retourne chez lui d’où il est venu avec sa constitution qu’il veut imposer, à nous, les Ivoiriens.»

 

L’opposition ivoirienne refuse toujours l’élection truquée de la nouvelle constitution

Il faut rappeler que le président ivoirien Alassana Ouattara a fait voter une constitution décriée par l’opposition et boudé dans les urnes par les Ivoiriens. Alors qu’un désert électoral a été constaté lors de ce scrutin, la CEI qui est en charge des élections en Côte d’Ivoire a annoncé un fantaisiste chiffre de 42% de taux de participation. Selon elle, la nouvelle constitution est adoptée à 93%.

 

Des services de plusieurs représentations diplomatiques accréditées en Côte d’Ivoire ainsi que l’opposition annonce 5 et 7% de taux de participation. Le Front du refus demande au président Ouattara de sursoir à son projet d’imposer au pays une constitution qui acte le recul de la démocratie et qui renforce à un niveau inacceptable le pouvoir du chef de l’État.

 

En plus de la question de l’éligibilité qui veut désormais qu’un candidat à l’élection présidentielle soit juste ivoirien et âgé de 35 ans, sans limites d’âge, cette nouvelle constitution permet au président de se faire élire en ticket avec son vice président, son dauphin constitutionnel. Le chef de l’État, dans celle-ci, a aussi le pouvoir de nommer 1/3 des représentants du Sénat qui est créé avec cette constitution alors que les autres membres de la chambre seront élus.

 

L’opposition ivoirienne en souffrance, la France et les autres interventionnistes indifférents

Malgré la contestation de l’ensemble de l’opposition ivoirienne, la France qui s’ingère depuis 1960 dans le débat politique ivoirien reste muette. Ce silence coupable n’étonne pas les observateurs africains qui disent dans tous les pays du continent que la France fait l’aveugle sur les inacceptables agissements du pouvoir Alassana Ouattara parce qu’il est son « pion ». Les autorités françaises et leur presse sont curieusement silencieuses face au comportement antidémocratique de l’ancien premier ministre de Félix Houphouët-Boigny.

 

Livrées à elle-même face à un pouvoir qui s’endurcit un peu plus chaque jour, comme le démontrent les arrestations et intimidations régulières de ses différents leaders, l’opposition ivoirienne et Ahipeaud Martial veulent mener le combat de la chute du pouvoir Ouattara. L’ancien directeur Afrique du FMI avait été installé au pouvoir par l’armée française et la rébellion armée qui le soutenait depuis 2002.

 

La question est de savoir comment va s’y prendre l’opposition sans replonger le pays dans une guerre civile qu’elle a connue et qui a fait plusieurs dizaines de milliers de morts entre 2002 et 2011.

Afrique-sur7.fr

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