Commission de l’UA : zoom sur les deux femmes candidates à la succession de Dlamini Zuma

J-1 pour le débat public qui opposera les candidats à la présidence de la Commission de l’Union européenne (UA) vendredi 9 décembre à Addis-Abeba (Ethiopie). Une première dans l’histoire de l’institution. Sur les 5 personnalités qui défendront leur candidature à la succession de la sud-africaine Nkosazana Dlamini Zuma, deux sont des femmes. Qui sont-elles ?

A Addis-Abeba (Ethiopie), le débat qui opposera les cinq candidats à la présidence de la Commission de l’Union africaine (UA) vendredi 9 décembre au siège de l’Institution occupe tous les esprits. Et pour cause : ce sera le premier du genre dans toute l’histoire de l’UA. Une sorte de prélude aux élections prévues au cours de la 28ème session ordinaire de l’Assemblée des Chefs d’Etat et de gouvernement du 30 au 31 Janvier 2017 dans la capitale éthiopienne.

Ainsi, le Tchadien Moussa Faki Mahamat, l’Équato-Guinéen Mba Mokuy, le Sénégalais Abdoulaye Bathily, mais aussi la Botswanaise Pelonomi Venson- Moitoi et la Kenyane Amina Mohamed auront à défendre leur candidature. Le débat – baptisé MjadalAfrika (Mjadala signifie Débat en Swahili, l’une des langues officielles de l’Union africaine) – qui aura lieu à 16h30 GMT sera diffusé en streaming sur tout le continent. Zoom sur les deux femmes en lisse…

Pelonomi Venson-Moitoi, ministre des Affaires étrangères du Botswana

A 65 ans, Pelonomi Venson-Moitoi est ministre des Affaires étrangères du Botswana depuis octobre 2014. Femme politique et journaliste à la base, elle est diplômée de la Central Michigan University (USA).

Après une longue carrière dans les médias, elle fait son entrée à l’Assemblée nationale en 1999, puis au gouvernement au début des années 2000. D’abord ministre des Travaux, des Transports et des Communications (2001-2002), elle assure ensuite au poste de ministre du Commerce, de l’Industrie, de la faune et du tourisme (2002-2004), avant de prendre brièvement les rênes du département des Communications, des Sciences, et de la technologie. Après quelques années d’absence, elle fait son comeback en 2009, à la tête du même département, avant de débarquer, plus tard, à l’Education.

En révélant en octobre dernier son ambition de succéder à Nkosazana Dlamini Zuma à la tête de la Commission de l’Union africaine, Pelonomi Venson-Moitoi, suscite quelques critiques. On reproche notamment au Botswana ne pas être suffisamment impliqué dans le panafricanisme pour prétendre à la présidence de l’institution continentale. Mais ces critiques seront très vite balayées pour laisser à cette politicienne visiblement aguerrie de tenter sa chance. D’autant qu’elle bénéficie du soutien de la plupart des ministres des Affaires étrangères d’Afrique australe.

A quelques heures du débat qui l’opposera aux quatre autres candidats, elle se dit prête : « Je suis bien préparée pour le débat et continue à me proposer comme un agent de l’ordre du jour durable de transformation qui est en cours au niveau de l’UA », a-t-elle déclaré à la presse botswanaise.

Amina Mohamed, ministre des Affaires étrangères du Kenya

Ministre des Affaires étrangères du Kenya depuis mai 2013, Amina Mohamed, 55 ans, est la première femme à occuper ce poste dans son pays. Avocate de profession, elle est diplômée en droit de l’Université d’Etat nationale Taras-Chevtchenko de Kiev (Ukraine) et en Relations internationales de l’Université d’Oxford.

Aujourd’hui diplomate de renom, Amina Mohamed est connue pour sa longue carrière au sein de l’Organisation des nations unies : directeur exécutif adjoint du Programme des Nations unies pour l’environnement (2011-2013) et ambassadrice du Kenya auprès de l’Office des Nations unies à Genève (2000-2006). Entre les deux fonctions, elle passe à la fonction publique entre 2008 et 2011 au poste de secrétaire permanente au ministère de la Justice du Kenya.

La candidate du Kenya a déjà le soutien des pays d’Afrique de l’Est, notamment la Tanzanie, l’Ethiopie ou encore le Rwanda. En Afrique du nord, l’Algérie soutient son « amie » Amina Mohamed, suscitant quelques griefs avec le Maroc qui, lui, penche plutôt pour le candidat du Sénégal. Toutefois selon les médias kényans, le Président Uhuru Kenyatta aurait également profité de la COP22 qui s’est tenue à Marrakech (Maroc) en novembre dernier pour faire campagne en faveur de sa candidate auprès des autres chefs d’Etat, notamment ceux du Gabon, du Soudan et des Seychelles.

Par Ristel Tchounand

– La Tribune –