Une cinquantaine de chefs traditionnels africains en formation à Accra sur les négociations foncières

 

Ce vendredi 18 novembre s’est achèvé à Accra un séminaire de deux jours organisé par l’Initiative sur les politiques foncières (IPF), un programme conjoint du consortium tripartite constitué par la Commission de l’Union Africaine (CUA), la Banque Africaine de Développement (BAD) et la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA).

 

Regroupant 50 chefs traditionnels africains, ce séminaire est destiné à les sensibiliser sur « les risques et les opportunités d’investissements fonciers à grande échelle (LSLBIs) » et à les doter « des principes clés pour la négociation des offres d’investissement foncier qui sont durables et bénéfiques, aux communautés et aux peuples africains ».

 

Comme l’explique Hubert Ouédraogo (photo), expert principal dans les questions foncières de l’Initiative sur les politiques foncières, le choix des autorités traditionnelles n’est pas anodin. « Il est important d’engager les chefs traditionnels à de telles activités, parce que les droits fonciers dans la plupart des communautés africaines sont des droits coutumiers fondés et régis par des institutions traditionnelles », soutient-il.

 

« L’Afrique abrite environ 60% des terres arables du monde, mais le continent demeure un importateur net de produits alimentaires et agricoles. Pendant ce temps, les jeunes du continent s’enfuient massivement vers l’Europe comme des migrants économiques. Ce sont des indications claires que les importantes ressources en terres fertiles de l’Afrique ne sont pas correctement exploitées pour répondre aux besoins de sa croissance démographique et de l’urbanisation rapide. En outre, la nécessité pour les pays développés d’accéder aux ressources naturelles (qui est primodiale pour leur compétitivité économique et leur durabilité) a alimenté une demande croissante de terres agricoles africaines. Cela a entraîné un phénomène d’acquisitions de vastes étendues de terres dans toute l’Afrique. Par conséquent, les gouvernements africains sont accuses de donner les ressources agraires du continent au détriment des communautés locales pauvres », précise le communiqué diffusé à cet effet par l’Uneca.

 

Un péril foncier dont est consciente la Représentante de la CUA, Laila Lokosang, pour qui il est impératif de reconnaître et de protéger les droits fonciers coutumiers du peuple africain. « Si l’Afrique doit nourrir sa population en croissance rapide, alors les droits fonciers des agriculteurs africains, dont la majorité représente de petits exploitants agricoles, doivent être sécurisés. Protéger les droits fonciers coutumiers des peuples africains, notamment ceux des femmes, est un facteur déterminant du développement de l’Afrique », conclut-elle.

 

Souha Touré – Agence Ecofin –

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