Chine : offensive commerciale de grande envergure

Avec le projet OBOR
La Chine voit loin. Trop loin ?
 Si tu veux t’enrichir, construis une route.
L’exportation est toujours aussi vitale pour le grand atelier du monde et l’Empire a besoin de nouvelles voies d’exportation, plus diversifiées, dans un monde instable.
Xi Jinping, en grand prêtre du libre échange, l’avait déjà annoncé en personne à Davos.
En renouant d’une certaine manière avec un ancien passé.
Les nouvelles « routes de la soie » deviennent son nouvel objectif. Un projet grandiose et onéreux. Mais il s’agit d’avenir :
« C’est l’un des grands événements diplomatiques de l’agenda de Xi Jinping : pendant deux jours, la Chine accueille à Pékin le Forum international des routes de la soie. Une trentaine de chefs d’État et de gouvernement sont présents dans la capitale chinoise depuis dimanche, pour le lancement officiel du programme OBOR (« one belt, one road ») : « one belt », pour la ceinture terrestre qui relie la Chine à l’Europe via l’Asie centrale et la Russie (Vladimir Poutine est d’ailleurs présent au forum). « One road », comme la route maritime qui rejoindra l’Afrique et l’Europe par la Mer de Chine et l’Océan indien.
 Le président chinois veut faire renaitre les grandes routes commerciales d’antan, une priorité économique pour la Chine dont la croissance ralentit. »L’initiative de la route de la soie est ouverte à tous », explique Xi Jinping. « Elle permettra une croissance économique et un développement équitable. Ce que nous espérons, c’est créer un nouveau modèle de coopération gagnant-gagnant. Notre espoir est de créer une grande famille pour une coexistence harmonieuse. »
  Les chefs de gouvernement grec, italien, espagnol et hongrois sont aussi présents à ce Forum, et c’est l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin qui représente la France à ce Forum international. Mais il manque beaucoup de dirigeants occidentaux. Avec les nouvelles routes de la soie, la Chine veut surtout gagner en influence dans le monde, explique Tom Miller, auteur de « Le rêve asiatique de la chine ». »
      Mais les projet, porté par Xi Jinping, subit quelques réticences de  la part de pays exigeant plus de réciprocité dans les échanges.
Les écueils et les périls ne manquent pas dans ce qui apparaît comme un pari autant risqué que démesuré :
« Le projet est titanesque. Il englobe 68 pays représentant 4,4 milliards d’habitants et 40 % du PIB mondial, remarque CNN. Parmi les projets géants de cette nouvelle Route de la soie une ligne ferroviaire reliant Londres à l’est de la Chine et une route maritime connectant l’Asie du Sud-Est à l’Afrique du Nord. Mais le projet d’ensemble reste très flou et ses bénéfices pour les pays qu’il englobe des plus incertains. Les bénéfices sont plutôt pour Pékin. Economiques d’abord. Avec le pays en surcapacité, étendre la demande pour ses produits à l’étranger peut être un moyen de résoudre et donner des débouchés à ses surcapacités industrielles. Mais aussi à répondre à tout ralentissement économique en Europe ou aux Etats-Unis. Cependant il y a aussi des risques économiques. Le projet OBOR concerne des pays souvent instables politiquement et économiquement et corrompus – Asie centrale, Afrique, Asie du Sud-Est. Que se passera-t-il si un projet financé par le gouvernement chinois tombe…  ?  »
Pourtant, la Chine est bien décidée à mettre le paquet. C’est la mondialisation ou la mort. Le géant connaît ses limites. La course en avant engagée par Pékin semble exiger cette nouvelle étape. Mais pour combien de temps ?
En toile de fond, les vastes ressources énergétiques de l’Asie centrale, notamment le pétrole et le gaz, sont également visées. ainsi que le contrôle frontalier des armes et des drogues.
 L’ex-Empire du Milieu trace sa route, avec une audace calculée mais risquée.

par ZEN   -Agoravox – 

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