Arabie saoudite : Riyad lève son premier emprunt international

L’Arabie Saoudite a emprunté un montant record de 17,5 milliards de dollars pour sa première levée de fonds internationale, signe d’un fort intérêt pour le royaume qui cherche à diversifier son économie, trop dépendante du pétrole.

L’offre a été souscrite près de quatre fois sa valeur, selon l’agence officielle Spa. «Cette émission inaugurale de 17,5 milliards de dollars marque avec succès l’arrivée du royaume d’Arabie Saoudite sur les marchés de capitaux, puisqu’il s’agit de la plus importante émission syndiquée — emprunt placé auprès des investisseurs par plusieurs établissements bancaires — jamais émise par un pays», a commenté Jean-Marc Mercier, codirecteur de la division marchés de capitaux d’emprunt chez HSBC.

Premier exportateur mondial de pétrole, l’Arabie Saoudite subit de plein fouet le contrecoup de la faiblesse des cours du brut. Avec une prévision de déficit budgétaire de 87 milliards de dollars cette année, le pays a lancé un plan de diversification de son économie et des réformes pour renflouer ses caisses, dont cet emprunt international et des mesures d’austérité. Pour résorber le déficit, le royaume a entamé une restructuration de son économie en réduisant les compensations, une mesure sans précédent, et en ralentissant des projets publics.

En septembre, il a réduit de 20% les salaires des ministres, reconsidéré des indemnités et avantages accordés à ses fonctionnaires,…

Le royaume prévoit en outre d’introduire en Bourse une partie du capital de la compagnie pétrolière publique Saudi Aramco, afin de financer un fonds souverain appelé à devenir le plus grand au monde.

L’emprunt géant réalisé par le royaume se découpe en trois tranches : une première de 5,5 milliards à 5 ans, assortie d’un coupon (taux d’intérêt annuel) nominal de 2,375%, une deuxième de 5,5 milliards à 10 ans également à 3,25%, et une dernière de 6,5 milliards à 30 ans à 4,5%, a précisé la banque britannique.

Le rendement effectif, c’est-à-dire l’intérêt annuel que paiera l’Arabie Saoudite sur l’ensemble du prêt, est de 2,588% à 5 ans, de 3,407% à 10 ans et de 4,623% à 30 ans. «Les demandes totales de souscription pour ces obligations ont atteint 67 milliards de dollars», a affirmé l’agence Spa. Riyad a déjà eu recours à l’emprunt sur le marché intérieur, mais cela a eu pour conséquence de mettre la pression sur les liquidités des banques locales, selon Patrick Dennis, expert du Moyen-Orient chez Oxford Economics à Londres. «C’est la principale raison pour laquelle ils empruntent maintenant à l’étranger», a-t-il dit à l’AFP.

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