Ces Arabes qui n’ont jamais été

L’idée d’attribuer le mot  »les Arabes » désignant les peuples du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord n’est pas arabe. C’est une invention occidentale et européenne pour être précis. Par simplification et par un total mépris de ces peuples, les médias et intellectuels européens du XXe siècle ont inventé cette affabulation à tous ceux qui parlent arabe. Pour certains, ceux qui n’ont pas une grande culture, ils y mettaient même l’Iran, l’Afghanistan, Les Kurdes et parfois même les Turcs. Pourtant ces mêmes médias et  »intellectuels » ne qualifient pas de Français tous les peuples qui parlent français. (La Suisse, La Belgique, Le Québec et beaucoup de pays africains…) Pire, ils refusent le même droit de dénomination qui est pourtant légitime pour d’autres pays. Si on prend le Tchad, le Niger, Le Mali, la Mauritanie, le Burkina Faso dont la population parle le Peul ou Fulfulde et qui, ethniquement, est issue de la même branche. Tous ces pays et quelques-uns d’autres pourraient logiquement porter le nom de Peuls. Mais là, nos maîtres occidentaux le refusent par crainte qu’un jour, une idée saugrenue de réunification puisse traverser l’esprit de certains citoyens de cette région.

 

Vous imaginez que l’Égypte et le Soudan sont des pays arabes ? Que la Mauritanie aussi ? C’est hallucinant. C’est une insulte à l’histoire. C’est un énorme contresens au point de vue historique et anthropologique. Non seulement, les colonisateurs ont partagé et divisé les territoires qu’ils avaient sous leur domination comme bon leur semblait, mais aussi, ils ont décidé et ordonné aux petits pions qu’ils ont mis en place de réciter la leçon et de bien la répéter et gare à celui qui ne saura pas obéissant. Il sera renversé par un frère ou un cousin qu’ils ont préparé en embuscade.

Toutes ces peuplades n’ont de commun que la pratique approximative de la langue arabe et de la religion musulmane. Sinon, ils diffèrent en tout point dans leurs histoires et leurs structures sociales et culturelles. La ressemblance physique et de mode de vie entre un Saoudien et un Mauritanien est similaire à celle du même Mauritanien et d’un Mongol.

 

Un petit rappel historique :

 

Les Arabes d’avant et des premiers temps de l’Islam n’étaient pas très nombreux. Quelques tribus autour de La Mecque, ni plus ni moins. D’autre part, ils ne savaient ni lire ni écrire. Les premières transcriptions de la langue arabe étaient réalisées par des juifs. Donc, ne sachant pas lire, ils ne savaient rien du monde. Cependant, il est attesté aujourd’hui que des échanges entre commerçants habitant la péninsule arabique et l’Inde et même jusqu’à la chine ont eu lieu. Mais du côté Ouest, ces échanges étaient limités à la HABASHA (Somalie, Éthiopie, Érythrée) et l’Égypte (Égypte actuelle et Soudan). C’est-à-dire limités à la rive africaine de la mer rouge. Les recherches archéologiques n’ont pourtant jamais trouvé de trace de moyens de transport maritime dans la région de la péninsule arabique comme le fut le cas pour l’Égypte et l’Éthiopie. Cela nous laisse à penser que ce sont bien les Égyptiens et les Habachys qui étaient en charge des traversées commerciales de la mer rouge. Du côté Est, cette tâche incombait aussi aux Perses et aux Indiens. Donc, sans le concours des peuples aux alentours, les Arabes n’auraient jamais pu connaître d’autres terres. Manifestement, ils ne pouvaient pas conquérir le monde à dos de chameaux.

 

Le Mythe des invasions arabes d’islamisation.

 

L’islamisation de l’Afrique du Nord a été réalisée en plusieurs étapes. Les Arabes ne savaient même pas que ces territoires existaient. Dans un premier temps, ils ont conclu un accord de paix et de non-agression avec le roi de la HABASHA (Éthiopie) qui était en délicatesse avec l’Égypte. C’est certainement cette alliance avec ce roi qui a encouragé les Arabes à envahir l’Égypte. En leur offrant des soldats-esclaves et un droit de passage et de protection sur son territoire, le roi de la HABASHA a gagné la partie en ayant à l’Est les Arabes pour amis et au Nord la défaite d’un ennemi de longue date. Les Arabes sont montés depuis le Sud(Éthiopie) vers le Nord(Égypte). Ils n’étaient pas nombreux, ils formaient l’essentiel du commandement, mais la totalité des soldats étaient des esclaves Africains à qui on a promis richesses et affranchissement en cas de succès de la campagne d’islamisation. La technique étant bien rodée par la conquête de l’Égypte, les Arabes l’ont reconduite avec succès pour la Libye et la Tunisie.

 

Une fois installés en Égypte, pour la conquête de la Libye et la Tunisie, ils ont recruté une tribu NUBIENNE du sud,  »BÉNI HILAL », et ont promu quelques esclaves HABASHYS au rang de subalternes avec les mêmes conditions et promesses (richesses, femmes blanches et affranchissement). Ce qui était réalisé dans un bain de sang au point que la Kahina avait incendié le territoire pour le rendre inhospitalier et sans valeur pour les nouveaux occupants. Donc, la Tunisie et la Libye n’étaient pas vaincues par les Arabes, mais bien par les Nubiens et les Habashys. On en conserve encore des traces dans le dialecte Tunisien.  »HABASH » veut dire voyou qui ne respecte rien. Les Arabes n’étaient que quelques dizaines tout au plus. Ils tenaient les rôles des maîtres.

 

Les musulmans ont fondé Kairouan, une ville du centre de la Tunisie. Ils se sont installés dans les régions côtières, ils ne sont pas aventurés tout de suite vers l’Ouest, en Algérie et au Maroc. La technique de conquête de nouvelles terres étant éprouvée à deux reprises, la première fois en Égypte grâce aux Habashys et la deuxième fois en Tunisie grâce aux Nubiens. L’adage dit, jamais deux sans trois. Alors les musulmans de Kairouan, pour préparer leur campagne de l’Ouest, ont recruté de force parmi les Berbères de la région qui fournissaient la majorité des effectifs des bataillons. Cette fois, on trouve même des Berbères parmi les chefs. (Tarif ibn Malik, Koceila, Tarek Ibn Ziyad…) Donc en résumé et pour faire simple :

– Conquête de L’Égypte par des mercenaires HABASHYS

– Conquête de La Tunisie (Ifriqyia) par des mercenaires NUBIENS (Béni Hilal)

– La conquête de l’Algérie et du Maroc par des Berbères (NUMIDES).

 

Historiquement, culturellement et même ethniquement, la partie africaine du monde arabe n’est en rien arabe. Le Nord Afrique n’a d’arabe que la langue et l’appellation qui était suggérée par la France et les Occidentaux en général.

 

Il n’y a d’Arabes que les pays de la péninsule arabique (le Yémen, l’Arabe Saoudite, Oman et les E.A.U). L’Irak et alentour sont des Babyloniens. Au nord, La Jordanie, la Palestine, le Liban et la Syrie ce sont des Araméens, Syriaques, Assyriens et Assyro-Chaldéens. Quant à la partie africaine, on peut simplifier en disant que de la Mauritanie jusqu’à la Libye sont des berbères Tamazight. L’Égypte est toujours l’Égypte et le Soudan est Nubien.

 

Les intellectuels et les historiens dits ‘’arabes’’ doivent aujourd’hui sortir de ce piège et replacer leurs pays d’une part, en dessinant de nouvelles frontières qui auraient du sens, et d’autre part en tenant compte de l’environnement réel et des contextes historiques de ces territoires.

Hamda OUAKEL