Algérie – Reconquête du continent !

L’Algérie repart à la reconquête de l’Afrique. Avec, cette fois, une nouvelle optique. Et pas seulement la diplomatie des valises et des prêts en dollars pour des objectifs politiques.
Elle repart avec une belle marge de retard alors que le continent, avec son prolongement et sa profondeur géographiques, a réussi à négocier un tournant stratégique en s’affranchissant des tutelles historiques. Sommets et investissements affluent de l’Est, de la Chine, de l’Inde et même de l’Arabie saoudite, là où l’Algérie est représentée par quelques opérateurs économiques. Une longueur d’avance. Et que tenterait de rétrécir le FCE parrainé par le gouvernement que la crise a résolu. Option naturelle si elle était prise opportunément. Ce n’est pas le cas puisque le patronat et Sellal sont contraints de se soumettre à des séances de rattrapage. Sans garantie du succès escompté. Car outre que le pays est resté scotché à la vision des années des indépendances avec son paradigme relationnel strictement subjectif, avant de percevoir les mutations du continent, d’autres facteurs viennent se liguer en embûches dont le défi sécuritaire et de la stabilité. Conditions qui ne sont pas encore réunies dans plusieurs sous-régions du continent et dans la proximité immédiate de l’Algérie. Encore faut-il que le gouvernement se défasse de ses vieux réflexes dans sa politique africaine d’assistanat. Pour deux raisons essentielles : la concurrence directe du Maroc qui a pris option depuis des années et les convoitises sur le continent qui bousculeraient les ambitions algériennes.
Pour réussir cette mission aux allures de course d’obstacles, FCE et gouvernement sont tenus de convaincre l’Afrique en déployant les attractifs atouts du pays soutenu par une diplomatie appelée à être plus offensive et en s’inspirant de l’expérience inédite de ces opérateurs algériens, ces pionniers, qui ont osé l’aventure économique. Une référence pour un pays où les responsables ne savent vendre que les hydrocarbures.

La Tribune