Afrique du Sud: un rapport dénonce des « crimes » au sommet de l’Etat

Un rapport officiel, potentiellement explosif pour le président sud-africain Jacob Zuma et publié aujourd’hui conformément à une décision de justice, exhorte le parquet et la police à enquêter sur de possibles « crimes » de corruption commis au sommet de l’Etat.

Dans ce document de 355 pages intitulé « La Prise de contrôle de l’Etat », la médiatrice de la République, chargée du bon usage des deniers publics, « porte à l’attention du parquet » et de l’unité d’élite de la police « les problèmes identifiés dans ce rapport où il semble que des crimes ont été commis ». M. Zuma, qui accumule les scandales depuis sa prise de fonction en 2009, avait tenté de bloquer, via les tribunaux, la publication de ce rapport. Mais dans une volte-face inattendue mercredi, il a renoncé à son recours devant la justice.

Dans la foulée, la Haute Cour de Pretoria, qui était saisie de l’affaire, a ordonné la publication immédiate du document, une décision à laquelle s’est soumis le bureau de la médiatrice. Le rapport étudie les soupçons d’influence de la sulfureuse famille d’hommes d’affaires Gupta sur le président Zuma, au point de lui imposer la nomination de certains ministres pour favoriser leurs intérêts. Dans son rapport, la médiatrice Thuli Madonsela – dont le mandat a expiré mi-octobre – juge « inquiétant » que le député David Van Rooyen se soit rendu à sept reprises chez les Gupta, y compris la veille de sa nomination surprise au ministère des Finances en décembre dernier. « Cela semble anormal compte tenu du fait qu’il était (simplement) membre du Parlement », souligne-t-elle notamment.

La nomination de M. Van Rooyen avait provoqué la panique des marchés et contraint le président Zuma à rappeler, au bout de quatre jours seulement, le très respecté Pravin Gordhan au poste de ministre des Finances.

lefigaro.fr avec AFP

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