Affaire Safaricom : Vodafone menace de « reconsidérer ses futurs investissements au Kenya »

Safaricom et sa maison mère Vodafone ont décidé de jouer la carte de la menace, après que l’opposition kényane ait déposé un projet de loi appelant à la séparation pure et simple de Safaricom de M-Pesa, sa plateforme de mobile banking. A cette proposition de loi, s’ajoute la fuite de recommandations d’un rapport commandité par le régulateur kényan appelant à ouvrir l’accès de l’ingénierie de M-Pesa à ses concurrents selon des tarifs fixés par le régulateur.
La hache de guerre semble avoir être déterrée entre le géant mondial des télécoms, Vodafone et l’Autorité des communications du Kenya, qui fait office de régulateur du secteur. Détenant 40% des parts de Safaricom Ltd, l’un des plus importants opérateurs télécoms d’Afrique de l’Est, le groupe anglais a récemment fait savoir sa volonté de « reconsidérer ses futurs investissements au Kenya, si des propositions concrètes de ruptures de Safaricom sont mises en place ».

 

Une menace à peine « voilée » de Vodafone, qui vient en réaction à la publication partielle d’une étude commanditée par le régulateur des télécommunications kényanes qui recommande à la filiale du groupe anglais de permettre le transfert de services via M-Pesa sa plateforme de mobile banking, en faveur de ses concurrents et ce, suivant une grille tarifaire déterminées par le régulateur. Suite à la publication du rapport rédigé par le cabinet britannique Analysys Mason, un parlementaire de l’opposition kényane, Jakoyo Midiwo est allé plus loin en déposant un projet de loi visant à forcer la scission de Safaricom!

Cette « offensive » réglementaire, s’explique par les soupçons d’abus de la position dominante sur le marché, partagés par le régulateur et une partie du parlement. Pour ces derniers, Safaricom offrirait des produits bancaires via M-Pesa, sans détenir les licences nécessaires. Pour Midiwo, une séparation entre Safaricom et M-Pesa permettrait de faire la distinction entre activités télécoms et financières.

Le gouvernement à la rescousse de Safaricom
Une scission qui reste conditionnée à un vote favorable du parlement kényan. Si ce scénario aboutit, cela obligerait M-Pesa à acheter des services tels que les services supplémentaires pour données non structurées, plus connus sous l’acronyme USSD. Une fonctionnalité spécifique au réseau GSM, 3G et 4G, qui est généralement associée aux services de messagerie instantanées, sans aucune possibilité d’enregistrement ou de transfert. L’USSD représente la solution de base du mobile banking. En cas de scission forcée, M-Pesa sera tenue de payer son accès aux USSD à sa maison mère en fonction des taux de marché, ce qui devrait être répercuté sur le coût des transferts.

Safaricom est à ce jour, le plus important fournisseur mobile du Kenya avec 69% de parts de marché, selon les statistiques du régulateur. L’opérateur compte 26 millions d’abonnés mobile et domine le segment des services financiers mobiles grâce à sa plateforme M-Pesa. L’opérateur est également l’entreprise la plus importante du Kenya en terme de capitalisation boursière.

Le gouvernement kényan a pour sa part déclaré son opposition à la proposition de loi portant sur une scission Safaricom/M-Pesa. Selon le porte-parole du gouvernement, Jakoyo Midiwo, ministre de l’Information, « l’adoption de cette loi signifierait une punition à l’encontre des opérateurs pour leurs innovations, ce qui découragerait les investisseurs. Cela fera du Kenya une destination très peu attrayante pour les entreprises de technologies désireuses de s’implanter et d’innover ».

 

Safaricom et M-Pesa menacées d’une scission forcée au Kenya, Vodafone réagit »

– LTA  –

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