2016 le film, 2017 le « trailer »

(Crédits : Shutterstock)
L’année 2016 a été ponctuée de rebondissements dans tous les domaines sur le continent. L’année 2017, sera peut-être l’année de la rupture pour l’Afrique ou peut-être de la continuité dans le changement. La Tribune Afrique vous fait ici une sélection -non exhaustive- des événements qui ont marqué l’actualité de l’année 2016. Mais aussi une sélection des événements qui marqueront votre année 2017.

C’est un secret de Polichinelle que de dire que l’année 2016 a été une année surprenante dans les domaines social, économique, financier et politique sur le continent. Et elle s’ouvre sur un triste événement…

15 janvier 2016 :  vendredi noir à Ouagadougou frappée par des attentats

ouagadougou

Le crépuscule qui enveloppait la ville d’obscurité plongeait la capitale du Burkina dans un vendredi noir. Peu avant 20 heures, un commando de trois hommes en armes prend d’assaut successives un bar, un restaurant et hôtel, principalement fréquentés par des occidentaux et situés en plein centre-ville. Avant d’être abattus, les assaillants font un massacre qui ôte la vie à une trentaine de personnes de dix nationalités différentes. L’attaque est revendiquée par le groupe terroriste Al-Mourabitoune, affilié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

14 février 2016 : la Saint-Valentin de l’Archange Touadéra

Centrafrique

« Faites l’amour, pas la guerre » dit le slogan pacifiste. Après avoir été déchirée par des années d’une guerre ethno-religieuse et les coups d’Etat, il fallait un homme neuf pour amorcer la transition en Centrafrique. Ce sera Faustin-Archange Touadéra, mathématicien et ancien premier-ministre qui sera élu au second tour le 14 février, le jour la Saint-Valentin. Un « Archange » élu le jour de la fête de l’amour,  est-ce un signe du destin ?

13 mars 2016 : Grand Bassam attaquée à la kalachnikov

Grand Bassam

Ce devait être un dimanche après-midi paisible et joyeuse sur les rivages de Grand-Bassam, station balnéaire et touristique à 40 kilomètres d’Abidjan, très prisée des expatriés et des Ivoiriens de la classe aisée. Mais le repos dominical se transforme en cauchemar avec la première attaque terroriste d’envergure perpétrée en Côte d’Ivoire. Une dizaine d’hommes, kalachnikov au point ont ouvert le feu tous azimuts sur les clients de trois établissements hôteliers attablés face à la plage et sur des baigneurs dans l’eau. Le carnage fait 19 morts dont 16 civils, 3 militaires et 3 terroristes. L’attaque, revendiquée le soir même par AQMI, rappelle le même mode opératoire de l’attentat sur la plage tunisienne du Sousse en juin 2015.

20 mars : Talon au pouvoir, Macky Sall, Issoufou et Sassou prolongent

Patrice Talon

Au Bénin Patrice talonne Boni Yayi en prenant sa succession après avoir remporté le second tour de la présidentielle. Le même jour au Niger, Mahamadou Issoufou a réussi son « Un coup, KO » mais en deux temps : il est élu au second tour. Au même moment en République du Congo, Denis Sassou Nguesso (32 ans au pouvoir), serre la vis sur un 3è mandat sous une nouvelle constitution et les protestations de l’opposition. Au Sénégal, la majorité des 2 millions d’électeurs ont validé le projet de révision constitutionnelle qui introduit 15 réformes dont la limitation de la durée du mandat présidentiel (passé de 7 à 5 ans). Par un subtil rétropédalage, cette dernière mesure ne s’applique pas au mandat de Macky Sall qui en avait fait une promesse de campagne. Il sera en place jusqu’en 2019.

10 avril 2016 : et de cinq pour Déby, Azoumani prend son tour

Idriss Deby

Au pouvoir depuis 26 ans, Idriss Déby Itno se fait élire pour un cinquième mandat à la tête du Tchad mais les résultats sont officialisés le 22 avril. Aux Comores où la présidence est tournante entre les îles de l’archipel, Azali Assoumani, ancien président (2002-2006) est élu pour un mandat de 4 ans. Résultats confirmés cinq jours après le vote par la commission électorale. Mais le verdict est contesté. C’est la cour constitutionnelle qui tranche le 15 mai en faveur d’Azoumani.

24 avril 2016 : Obiang Nguema parti pour battre le record Bongo

Teodoro Obiang Nguema

Au pouvoir depuis 37 ans en Guinée Equatoriale, Teodoro Obinag Nguema Mbasogo est le chef d’Etat africain encore vivant au règne le plus long d’Afrique. Il est réélu pour un cinquième septennat, comme à chaque fois avec pas moins de 90% des suffrages (93,7% en 2016). Même s’il a indiqué que c’est son dernier mandat, la « panthère aux aguets » est en route pour battre le record de longévité au pouvoir détenu par Omar Bongo Ondimba, mort après 41 ans de règne sur le Gabon.

5 au 21 août 2016 : victoires inédites pour les athlètes africains aux JO de Rio 2016

Cheick Cissé

Certains athlètes africains ont brillé par leurs performances aux premiers jeux olympiques à se tenir dans un pays d’Amérique latin. A un mois de la célébration de ses 23 ans, Cheick Cissé entre dans l’histoire sportive de la Côte d’Ivoirecomme le premier sportif champion olympique en remportant la médaille d’or en finale de taekwondo des moins de 80 kilos. Sa compatriote, Ruth Gbagbi devient la première femme médaillée olympique en raflant le bronze dans la même discipline dans la catégorie des moins de 67 kg.

28 septembre 2016 : l’OPEP décide de limiter la production de pétrole

pétrole

Réunis à Alger, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) décide lors d’une rencontre à Alger de faire baisser de 700.000 barils, la production de pétrole brut par an. Mais les négociations butent sur les réticences de plusieurs pays pour qui l’or noir est  vital pour l’économie. L’accord est finalement signé le 30 novembre à Vienne en Autriche. Il prévoit une limitation de la production à 32,5 millions de barils de pétrole par jour à compter du 1er janvier 2017.

7 octobre 2016 : le chef du gouvernement marocain est reconduit sans majorité

BENKIRANE

Au Maroc, 15 millions d’électeurs ont été appelés à voter pour choisir les 395 députés lors d’un scrutin plurinominal à un tour. Le Parti de la justice et du développement (PJD), conservateur d’inspiration islamiste du premier ministre sortant Abdelilah Benkirane, remporte la majorité des sièges. Le roi Mohamed VI qui doit désigner le chef du gouvernement parmi le parti arrivé en tête des élections, le reconduit à son poste. Mais Benirane n’ayant pas de majorité confortable ne parvient pas à former un gouvernement. Les tractations vont bon train sans pouvoir aboutir à un jeu d’alliance favorable au parti islamiste marocain.

13 octobre 2016 : Antonio Guterres désigné nouveau SG de l’ONU

Antonio guterres nouveau secretaire general de l'onu

Après plusieurs mois de tractations et d’auditions, le Portugais Antonio Guterres qui a réussi à recueillir 12 votes favorables au Conseil de sécurité de l’ONU et lors des scrutins suivants, est élu par l’Assemblée générale, nouveau Secrétaire général de l’ONU avec 13 votes favorables. Le 1er janvier 2017, il deviendra le 9è SG élu à la tête de l’ONU. Il succède au Sud-coréen Ban Ki Moon.

22 octobre 2016 : le « train de la mort » fait 80 morts et 600 blessés

Déraillement Cameroun 2

Pour certains passagers, le voyage de ce vendredi 21 octobre a été le dernier. Des pluies diluviennes avaient provoqué un affaissement de la route à Boumnyebel obligeant les voyageurs à se ruer vers le transport ferroviaire. C’est ainsi que 1300 personnes embarquent  à la gare d’Eseka (dans le centre duCameroun) dans le train inter-cité numéro 152. Sur son chemin reliant Yaoundé à Douala, le train déraille faisant près de 80 morts et plus de 600 blessés.

Une triple enquête a été ouverte au lendemain du drame. Le gouvernement camerounais et le groupe français Bolloré qui exploitait la ligne via la Camrail se renvoient la responsabilité. Les familles des victimes ont déposé une double plainte pour tenter de se faire  indemniser.

7 au 18 novembre 2016 : Marrakech accueille la COP22

COP22 Photo de famille

Après avoir accueilli la Cop 7 en 2001, le Maroc a accueilli à Marrakech pour la seconde fois, une conférence des Nations unies sur le climat soit la quatrième Cop africaine après Nairobi (Kenya) en 2006 et Durban (Afrique du Sud) en 2011. Si la COP21 a permis la conclusion d’un accord contraignant pour limiter le réchauffement climatique, la COP22 a permis à 11 pays de ratifier l’accord de Paris. Elle a aussi permis de lever 83 millions de dollars auprès des pays riches (qui en avaient promis 100) pour financer le fonds vert destiné à l’adaptabilité des pays vulnérables au changement climatique. En marge de cette COP22, le Maroc organise un sommet africain avec 22 chefs d’Etat du continent présents pour se repositionner sur la carte d’influence de l’Afrique.

8 novembre 2016 : Donald Trump élu 45è président des Etats-Unis

Donald Trump

Coup de théâtre aux Etats-Unis avec retentissement mondial. Alors que les sondages et les médias le donnaient largement battu, le milliardaire républicain Donald Trump est élu 45è président des Etats-Unis après avoir battu sa rivale, la démocrate Hillary Clinton. Sur le continent, l’homme qui veut appliquer une politique de non-ingérence et de non-interventionniste, l’élection du milliardaire laisse perplexe entre ceux qui estiment que c’est une occasion pour l’Afrique de faire les choses à sa manière et ceux qui redoutent que l’extinction de la pression des Etats-Unis sur plusieurs dossiers fera reculer les avancées en matière de droits l’homme et de sécurité.

02 décembre 2016 : les billes de la démocratie déboulonnent Jammeh

Billes de vote

La situation est inédite autant que le système de vote par billes qui a conduit à la réalisation de cet événement historique. Mis en difficulté pour la première fois à une élection face à une opposition coalisée, l’autocrate Yahya Jammeh qui a régné sur la Gambie d’une main de fer pendant 22 ans est battu par son rival, l’homme d’affaires Adama Barrow. Une page d’histoire se tourne, une autre est en train de s’écrire !

07 décembre 2016: Nana Akufo-Addo prend sa revanche

ghana élections akufo addo

Une leçon de démocratie et même de persévérance. Après trois tentatives infructueuses, Nana Akufo-Addo est élu au « Flag Staff House » du Ghana contre John Dramani Mahama, son vainqueur à la présidentielle de 2012. Longtemps cité en exemple, le Ghana conforte donc sa place de grande démocratie en Afrique en réussissant une passation du témoin présidentiel sans heurts.

Nana Akufo-Addo entrera lui dans l’histoire de son pays comme le premier fils de président à devenir président du Ghana.

18 décembre 2016: les premiers députés de la Troisième République ivoirienne sont choisis

Législatives 2016

Année très électorale en Côte-d’Ivoire. Après la révision de la constitution pour faire entrer le pays dans la Troisième République, les Ivoiriens étaient encore appelés aux urnes pour choisir les 255 députés qui siégeront à la première législature sous la nouvelle constitution. Sur fond de querelles entre les partis eux-mêmes lacérés par des lutte intestines, le RHDP (coalition au pouvoir) a offert une confortable majorité de 165 sièges au président Alassane Ouattara. Mais la grosse surprise de ces législatives a été la défaite de grosses pointures politiques par des candidats indépendants, inscrits en dissidence de leurs partis d’origine. La bataille de la succession de Ouattara en 2020 est déjà lancée.

31 décembre 2016: Un accord politique en guise de cadeau de fin d’année

RDC

A la fin de son second et dernier mandat constitutionnel, Joseph Kabila, qui faisait l’objet d’une contestation populaire depuis sa réélection contestée en 2011, refuse de quitter le pouvoir. Pour prolonger son règne qui a déjà duré 16 ans, il instaure un dialogue politique avec l’opposition sous l’égide d’Edem Kodjo. Une partie de cette opposition accepte de signer à la mi-octobre, un accord qui maintient Kabila  au pouvoir jusqu’en 2018.

Mais une autre partie de l’opposition et des mouvements citoyens rejette cet accord en bloc et réclame le départ de Kabila par des manifestations violemment réprimées par le pouvoir. L’Eglise congolaise entame alors une médiation qui aura duré trois semaines marquées par des joutes verbales, des menaces et intimidations. Au final, plus de peur que de mal. Les parties signent un accord dans la nuit du 31 décembre 2016 en guise de cadeau de fin d’année aux 85 millions de Congolais. Joseph Kabila accepte de quitter le pouvoir fin 2017, le premier ministre sera choisi dans les rangs de l’opposition et les scrutins provincial, législatif et présidentiel vont être organisés en décembre 2017. Mais plusieurs points non résolus par l’accord risquent d’être à nouveau, la pomme de discorde entre le pouvoir et une partie de l’opposition.

Les perspectives pour l’année 2017

L’année 2017 sera marquée par plusieurs événements qui rythmeront à coup sûr l’actualité des semaines et des mois à venir. En voici quelques uns.

13 et 14 Janvier 2017 : les adieux de Hollande à l’Afrique

Le président français de la République François Hollande donne un discours lors d'une visite le 31 octobre 2015 au Mont Saint-Michel

Aux côtés d’un François Hollande en fin de mandat, une quarantaine de chefs d’Etats africaines se retrouveront à Bamako, les 13 et 14 janvier pour le 27è sommet France-Afrique. 4 ans après l’opération Serval, le Mali est toujours sous la menace de groupes armés ou terroristes qui mettent en doute la capacité du pays à recevoir un tel sommet. Même si Bamako a déployé de vastes opérations de sécurisation de la capitale, la capacité structurelle du pays à accueillir et d’assurer la sécurité de quelque 2000 à 4000 personnes inquiète. Si le sommet se tient dans les délais, il devrait permettre de discuter de la crise migratoire, la coopération économique, de la politique africaine de la France et de la coordination de la lutte contre le terrorisme.

Le sommet se tient par ailleurs dans un contexte où l’influence de la France a constamment reculer ces dernières années sous l’offensive commerciale, économique et même culturelle de plusieurs autres pays.

14 Janvier au 5 février 2017 : CAN sous haute tension au Gabon

Le mali et le gabon dos a dos, le burkina faso domine le cap-vert

32 équipes africaines s’affronteront au Gabon pour tenter de prendre la succession de la Côte d’Ivoire, tenante du titre. La 31e édition de la Coupe d’Afrique des nations de football 2017 se tient du 14 janvier au 5 février 2017 dans quatre villes : Libreville, Franceville, Port-Gentil et Oyem. Cette édition sera l’anniversaire des 60 ans de la compétition africaine qui se tient pour la 4ème fois en 10 ans dans un pays d’Afrique centrale.

Le Gabon, pays organisateur, empêtré dans une crise électorale qui n’a pas encore été totalement soldée, organise cette compétition sous une couvée de risques devant des partisans de Jean Ping décidés à faire de cet événement, une vitrine pour faire entendre leurs revendications : le départ d’Ali Bongo Ondimba.

Ce dernier obtient ici l’occasion de faire valider au niveau international, sa réélection contestée à un second mandat en août 2016. Un bon déroulement de la compétition montrera qu’Ali Bongo Ondimba, est le vrai maître du Gabon. Mais Jean Ping qui a parcouru le monde à la rencontre de la diaspora n’a pas dit son dernier mot ! La politique risque de s’inviter sur les pelouses et les stades pourraient devenir des défouloirs à ciel ouvert, moins risqués que les guerillas de rue qui ont salué l’annonce de la réélection d’Ali Bongo Ondimba.

Fin janvier : l’UA tient son 28è sommet

L’union africaine va bientot depecher une delegation au gabon

Fin janvier, l’Union africain tiendra son 28è sommet des chefs d’Etats qui sera l’occasion pour les dirigeants africains d’afficher la couleur des affaires africaines au cours de l’année. Mais deux sujets focaliseront l’attention :

L’élection du (de la) président(e) de la commission de l’Union africaine qui fait l’objet d’une bataille acharnée entre les blocs linguistiques, régionaux et politiques de l’institution dont la cohésion en pâtira

Le retour annoncé du Maroc dans le concert des nations africaines. Après avoir quitté l’OUA en 1984 en protestation de l’admission de la RASD, le Maroc a conscience s’être coupé de ses « racines » africaines (Hassan II) par une politique de la chaise vide qui n’aura pas servi au mieux ses intérêts. En coulisses et depuis peu de façon officielle, avec la vigueur de sa diplomatie, son roi en VRP, la multiplication de ses investissements économiques, le royaume nord-africain orchestre son retour. Mais ses ambitions se heurtent à une contre-diplomatie de l’Algérie, de l’Afrique du Sud et d’autres pays. La bataille diplomatique rythmera à coup sûr, l’actualité politique du continent.

20 janvier 2017 : l’investiture de Donald Trump

Donald trump insiste pour son mur contre l'immigration

L’investiture du 45è président des Etats-Unis sera scruté de très près puisqu’elle marque le début des 100 premiers jours de la présidence du 45è président des Etats-Unis. Ce dernier a indiqué vouloir pratiquer un isolationnisme et une politique de non-ingérence dans les affaires internes des autres Etats. Les 100 premiers jours permettront de savoir si une partie du continent qui s’inquiète du renforcement du pouvoir des autocrates du continent aura raison sur la partie qui y voit une chance pour l’Afrique de réaliser pour les 10 prochaines années, son sursaut d’elle-même par la diversification des partenaires.

23 avril et 7 mai 2017 : l’élection présidentielle en France

Palais de l'Elysée

La succession de François Hollande qui a renoncé à se présenter pour un second mandat relance les dés du scrutin du 23 avril (premier tour). De l’identité du prochain locataire de l’Elysée, dépendra le futur des relations franco-africaines. Même s’il ne se tient pas sur le continent, l’élection présidentielle française tiendra en haleine, une partie du continent qui attendra le second tour (7 mai) pour être fixée tout comme les Français. Les urnes pourraient révéler des surprises. Les législatives se tiendront un mois plus tard (entre le 11 et le 18 juin)

D’autres événements qui pourraient rythmer l’année 2017

L’année 2016 a été marquée par les retraits ou intentions de retraits de plusieurs pays africains de la Cour pénale internationale (CPI), accusée d’être une cour exclusivement réservée aux Africains. Appuyés dans cette conviction par le  chiffres du nombre d’enquêtes ouvertes concernant des pays africains ou en querelle diplomatique avec l’institution judiciaire internationale, le Burundi a acté son retrait du Traité de Rome. Il entraîne dans son sillage, l’Afrique du Sud qui a déposé son dossier de retrait, suivie par la Gambie.

Possibles retraits de la CPI

Un juge turc de la cpi detenu en turquie

Ces retraits massifs sont peut-être des indices d’une dissidence de plus en plus marquée entre les pays africains et l’institution basée à La Haye. Dans la brèche ouverte par le Burundi, l’Afrique du Sud et la Gambie, des pays comme le Kenya, l’Ouganda, le Zimbabwe pourraient leur emboîter le pas. La dissidence africaine de la CPI est loin de connaître son épilogue.

La lutte contre le terrorisme en Afrique

Terrorisme

Depuis l’embrasement de la Libye, des mouvements terroristes se mêlent aux groupes rebelles pour sévir dans la bande sahélo-sahélienne utilisée comme une base arrière. Ces mouvements ont eu le temps d’essaimé vers d’autres pays africains mettant  en mal  la sécurité aux frontières et l’intérieur des pays. La multiplication des attentats ces dernières annéesdans des pays quel’on croyait épargnés du fléeau est peut-être le premier signe de cette prolifération de mouvements terroristes. Boko Haram, Aqmi et leurs « sous-traitants »… L’Afrique fait face à une menace nouvelle qu’il lui faut combattre. Le ver est dans le fruit, il faut le neutraliser et l’éliminer avant qu’il ne détruise tout le panier.

Crise migratoire : les réponses africaines aux décisions de l’Europe

L’ue veut accelerer la lutte contre l'immigration illegale

Des millions d’Africains sont morts en tentant de traverser la Méditerranée pour rejoindre l’eldorado européen. Face à ce mouvement inédit et incontrôlé, l’Europe tente d’apporter une réponse sécuritaire en se transformant en forteresse sans entamer la détermination des candidats à l’immigration.

Désormais, le Vieux continent propose aux pays africains des accords de réadmission pour reprendre leurs compatriotes refoulés d’Europe. Ces accords imposés via l’aide au développement risquent de raviver les tensions avec des pays africains si ce ne sont pas ces mêmes pays qui vont devoir affronter une grogne sociale des populations.

Par Ibrahima Bayo Jr.    -La Tribune Afrique –